Le programme « Hélicoptère de manœuvre NG » sort partiellement de l’ombre

Le NH90 Caïman de l'ALAT, lui aussi concerné par le programme HM NG ?

Le NH90 Caïman de l’ALAT, lui aussi concerné par le programme HM NG ?

 

MGCS, ARTEMIS, et maintenant HM NG : un nouveau programme majeur fait son apparition dans le budget 2021 du ministère des Armées. Rarement abordé, le sujet de l’« Hélicoptère de manœuvre nouvelle génération » a désormais sa propre sous-action, sur fond d’anticipation du remplacement des Puma de l’Armée de l’air et de l’espace (AdlAE).

 

Un appareil de la classe 10-12 tonnes

 

Le sujet HM NG est mentionné publiquement dès octobre 2018 par le CEMAAE, le général Lavigne. Celui-ci évoquait alors un successeur pour le seul Caracal, dont la mise à niveau interviendra à compter de 2026 pour mener « jusqu’aux années 2030-2040, date à laquelle le HM NG, hélicoptère de manœuvre nouvelle génération, dont les études sont prévues, devrait prendre le relais ».

 

Ce scénario est appuyé un an plus tard par le ministère des Armées, qui annonce par la même occasion le lancement d’études en cours de LPM et rajoutait le Cougar dans le lot des machines auxquelles pourrait succéder le HM NG. Le PLF 2021 renchérit à présent avec les Puma susceptibles d’être encore en service « à l’horizon 2030 » malgré leur remplacement progressif par le Caïman et, de manière moins définie, par le Caracal.

 

Selon le ministère des Armées, Caracal, Puma et Cougar laisseront place à « des appareils de la classe 10-12 T en cherchant une rationalisation du parc de chaque armée ». L’objectif d’un renouvellement entamé à partir de 2030 se heurte néanmoins à « l’incapacité de l’industriel à produire cette nouvelle plateforme avant l’horizon 2040 », souligne le ministère des Armées.

 

En 2018, Airbus Helicopters avait renoncé à poursuivre le développement de l’hélicoptère X6, successeur désigné de la famille H225. Une fois adapté à des applications militaires, l’hélicoptère X6 aurait pu être au segment lourd ce que devient le H160M (6 tonnes) pour celui du moyen tonnage. La baisse du cours du pétrole et la crise du secteur aéronautique, conséquences de l’épidémie de Covid-19, rendent plus qu’incertain le redémarrage d’un tel développement à moyen terme.

 

Des Caracal dans l’immédiat

 

Les Puma de l’AdlAE ne pouvant attendre 2040 pour être remplacés – l’âge moyen du parc dépassera alors les 60 ans -, l’une des phases préliminaires au lancement effectif du programme HM NG consiste donc en l’acquisition de huit Caracal annoncée en juin dans le cadre du plan de soutien aéronautique militaire.

 

Aussi surprenant soit-il, le rattachement de cette solution intérimaire à une sous-action HM NG avait été annoncé cette année. Pour le député Christophe Lejeune (LREM), rapporteur pour avis du programme 146 du PLF 2021, « il s’agit simplement de transcrire les mesures du plan de soutien au secteur aéronautique (…). Ainsi, il ne s’agit pas à proprement parler de financer des travaux relatifs au HMNG ».

 

Ces huit Caracal seront livrés dans une version « light » seulement dotée des parties fixes des équipements spécifiques de ravitaillement en vol, d’autoprotection et d’armement axial. Les premières livraisons interviendront en 2023, avec cinq années d’avance sur le calendrier initial. Sur le plan financier, cette opération se traduit par 304 M€ en autorisations d’engagement en 2020 et une première tranche de 68 M€ en crédits de paiement l’an prochain.

 

Autre « surprise » : la cible totale comprend la livraison de 24 appareils, quand le besoin exprimé jusqu’alors était de 20 unités dont 12 potentiellement acquises par location-vente. Bien que non motivée dans le PLF 2021, cette majoration de la cible permettrait de remplacer la totalité des Puma et Super Puma de l’AdlAE par un parc d’ampleur équivalente.

 

Un périmètre élargi au NH90 ?

 

L’absence de solution industrielle avant 2040 ainsi que le « tonnage » envisagé pour le HM NG pourraient contribuer à accentuer le degré de rationalisation des parcs. Le périmètre du programme pourrait en effet « être élargi également au remplacement de l’ensemble des flottes NH90 TTH et NFH », souligne le ministère des Armées. Une logique sensiblement équivalente à celle adoptée pour le HIL Guépard, qui remplacera les Gazelle, Dauphin, Alouette III et Panther à partir de 2026.

 

Les NH90 Caïman de l’ALAT devraient entamer leur transition vers la configuration TFRA standard 2 au plus tard lors de leur rénovation à mi-vie, planifiée pour 2032-2035. Cette phase sera indispensable pour leur donner une capacité d’évolution au-delà de 2040 et réaliser ensuite une éventuelle jonction avec le futur HM NG.

 

Si elle est à prendre avec tout le recul nécessaire au vu du peu de données disponibles, cette recherche poussée d’une architecture commune aux trois Armées aurait logiquement une incidence positive sur les coûts d’acquisition et de possession du futur hélicoptère de manœuvre. Celui-ci suivra-t-il la trajectoire du Guépard ? Début de réponse, si tout concorde, d’ici 2025.