Des robots de reconnaissance polonais pour la France

Un robot TRM dans les mains d'un policier polonais (Credit : PIAP)

Un robot TRM dans les mains d’un policier polonais (Crédit : PIAP)

 

La France a perçu de nouveaux robots de reconnaissance, aboutissement d’un rare contrat conclu avec l’industrie de défense polonaise. Conçu pour les opérations de contre-terrorisme, ces robots « TRM » ont pu être livrés aux clients français et israélien par l’institut de recherche polonais PIAP* malgré les contraintes supplémentaires qu’impose la crise sanitaire.

 

PIAP n’ayant pas donné suite à notre demande de précisions, la cible et le montant du contrat, de même que l’identité précise du ou des utilisateur(s) final(aux) reste inconnue. Tout porte à croire que ces  outils sont destinés aux unités anti-terroristes du ministère de l’Intérieur, voire aux groupes du COS spécialisés dans le contre-terrorisme et la libération d’otages (CTLO). Le cas échéant, le TRM viendrait notamment s’ajouter au robot Nerva-LG développé par Nexter et employé depuis plusieurs années par le RAID et le GIGN.

 

En raison de son faible encombrement minime et d’une signature sonore minime, le TRM constitue une réponse discrète aux besoins de reconnaissance du terrain exprimé par les unités spéciales en amont de la phase d’intervention. Son poids limité à 1,5 kg lui permet d’être lancé par l’opérateur, qui dispose ensuite d’une autonomie de deux à quatre heures suivant l’usage. Son châssis intègre voie jour, un microphone et un éclairage LED blanc et / ou infrarouge. Les données sont envoyées vers une station de contrôle portable dans un rayon de 30 mètres en intérieur et de 350 mètres en espace ouvert.

 

(Crédit : PIAP)

(Crédit : PIAP)

Ses deux moteurs électriques, un pour chaque roue, fournissent une vitesse maximale de 3,5 km/h. Le TRM peut par ailleurs résister à une chute d’une hauteur de 9 mètres grâce à sa structure renforcée et ses roues en caoutchouc. Selon PIAP, les exemplaires français et israéliens sont accompagnés d’un système de lancement d’une grenade incapacitante. Outre ces deux nouveaux clients, le TRM avait déjà été adopté en mars dernier par le groupe spécial d’intervention (GIS) des Carabiniers italiens. Plusieurs services de police de Pologne, des Émirats arabes unis et du Sénégal en sont également dotés.

 

L’aspect du TRM n’est pas sans rappeler celui du robot Nerva-S, petit frère du Nerva-LG. Plus lourd que son équivalent polonais, le Nerva-S est néanmoins doté d’une plus grande autonomie (jusqu’à 5 heures en statique) et d’une meilleure liaison de données (jusqu’à 50 mètres en intérieure). Hormis ses voies jour HD et infrarouge, le Nerva-S peut être équipé de deux rails Picatinny auxquels peuvent être fixés d’autres équipements. Autant de capacités auxquelles l’armée de Terre aura elle aussi bientôt accès dans le cadre du programme Scorpion. Une première tranche de 56 « micro-robots terrestres », dont 10 Nerva-S, doit être livrée cette année par Nexter et ECA Group à des fins d’expérimentation par la STAT. Ils constitueront un premier standard de robotique en vue de l’élaboration d’une doctrine de recueil du renseignement de contact en temps réel et à distance au profit des combattants débarqués.

 

 

*Łukasiewicz Research Network – Industrial Research Institute for Automation and Measurements