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Des avancées tous azimuts pour le bouclier anti-aérien du Vieux Continent

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Projets d’acquisitions ukrainiens, nouvelle coalition, alliance industrielle et avancées technologiques. La défense anti-aérienne du Vieux continent était au centre de l’attention ces derniers jours, annonces majeures à la clef mobilisant directement la France et sa filière industrielle. 

Le sujet était dans les cartons depuis un moment. Le voilà concrétisé à la faveur d’une nouvelle réunion de la Coalition des volontaires : l’Ukraine va se doter de quatre sections SAMP/T NG pour renforcer son bouclier anti-aérien, un pan d’une feuille de route dévoilée ce mardi à Paris. Une fois la commande concrétisée, l’Ukraine deviendrait le second client export après la victoire décrochée l’an dernier au Danemark

Cette feuille de route prévoit aussi l’achat, dès cette année, de cinq radars GM400. Tous seront théoriquement livrés d’ici fin 2027. S’y ajoutent un radar GF300 et un radar Kronos GM HP, les capteurs principaux, respectivement, des SAMP/T NG français et italiens. Kyiv financera le tout au travers de ce prêt de 90 Md€ octroyé en avril dernier par l’Europe et destiné à irriguer les besoins les plus urgents en 2026 et 2027. Les deux tiers de cette ligne de crédit sont fléchés vers l’aide militaire. Environ 10% de l’enveloppe ont été décaissés à ce jour. 

Paris s’est engagé à livrer les systèmes SAMP/T NG « aussi vite que possible ». Face à l’urgence, les militaires ukrainiens percevront les différents modules au fur et à mesure de leur production. C’est pourquoi le radar GF300 est attendu avant la fin de l’année, premier élément des futurs SAMP/T NG. C’est également dans cette optique que la France s’est engagée à envoyer deux de ses huit sections SAMP/T en Ukraine pour réaliser la soudure en attendant les systèmes de nouvelle génération.

En parallèle et là encore pour « répondre à une urgence opérationnelle », la France et l’Italie se sont accordés pour accélérer la livraison des missiles Aster 30 promis d’ici à octobre prochain. La disponibilité des munitions étant depuis longtemps une pierre d’achoppement, les deux pays ont  également donné leur feu vert pour la production sous licence et en territoire ukrainien, de missiles Aster 30.

Enfin, l’Ukraine bénéficiera d’un soutien français, et notamment de la Direction générale de l’armement (DGA), pour le développement d’intercepteurs anti-missiles balistiques, une menace croissante face à laquelle tout le monde cherche de nouvelles parades. Dix pays, dont la France et l’Ukraine, ont posé ce lundi les bases d’une Coalition intégrée contre les missiles balistiques. Ensemble, ils entendent « établir des exigences opérationnelles communes, des groupes de travail techniques conjoints, des mécanismes de gouvernance clairs, ainsi qu’une feuille de route vers les premières capacités opérationnelles de la Coalition ». 

Une vue d’artiste de l’intercepteur endo-atmosphérique développé au travers de HYDIS et notamment focalisé sur les menaces hypersoniques
(Crédits image : MBDA)

L’industrie n’aura pas attendu longtemps avant de se mettre en ordre de bataille. Hormis le projet FREYJA porté par l’entreprise ukrainienne Fire Point, un second consortium est sorti du bois le 13 juillet. Baptisée « Bliksem EXO », cette équipe pilotée par Destinus rassemble Thales, Airbus Defence and Space, la division allemande du groupe européen MBDA et Safran Electronics & Defense. Ils se concentreront sur la conception d’un intercepteur exo-atmosphérique souverain contre les menaces de types MRBM/IRBM. Ce futur système « est conçu pour une interopérabilité totale avec le système de défense aérienne et antimissile intégré de l’OTAN (IAMD) et pour renforcer l’European Sky Shield Initiative (ESSI) en s’adressant à une couche supérieure actuellement manquante », indique l’équipe dans un communiqué.

Pour l’instant limitée à une lettre d’intention, l’initiative industrielle devrait se formaliser d’ici trois mois autour d’un accord de consortium. Pas question d’attendre pour entamer les grandes manoeuvres. Les premiers travaux d’ingénierie commenceront le mois prochain, l’équipe prévoyant de conduire un premier test in situ de son « intercepteur spatial » (EKV) en 2027. Si Destinus en aura la charge, Safran E&D sera responsable de son autodirecteur et de son système de guidage. Thales planchera sur la chaîne de radars et de capteurs, de l’alerte précoce à la conduite de tir. 

D’autres avancées ont été officialisées en amont de la séquence parisienne, cette fois dans le segment des intercepteurs endo-atmosphérique. L’un des concepts explorés au travers du projet européen HYDIS a en effet « prouvé sa pertinence » et a été retenu dans la foulée par les quatre pays participants, que sont la France, l’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas. Emmenée par MBDA, l’équipe derrière HYDIS progresse désormais vers l’achèvement, en mai 2027, de cette phase conceptuelle de trois ans soutenue par l’Europe. De l’Ukraine à HYDIS, l’essentiel reste à faire. Pour la plupart, il s’agit de basculer rapidement de l’intention à la réalisation pour s’assurer que l’ensemble des messages adressés ces derniers jours aient un minimum de valeur dissuasive. 

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