De nouvelles montures pour le CPEOM

Des stagiaires du CPEOM à l'entraînement avec l'un de leurs jet-skis (Crédit: SIRPA Terre)

Des stagiaires du CPEOM à l’entraînement avec l’un de leurs jet-skis (Crédit: SIRPA Terre)

Il est extrêmement rare que le service action de la DGSE communique ne fût-ce qu’une ébauche de « liste de courses ». C’est exceptionnellement le cas aujourd’hui, avec un projet d’acquisition de jet-skis émis pour l’une de ses unités, le Centre parachutiste d’entraînement aux opérations maritimes (CPEOM).

 

Comme l’indique le ministère des Armées, le CPEOM « cache, en réalité, un des centres du service Action de la DGSE », unité militaire chargée de la planification et la réalisation de missions clandestines au profit des renseignements extérieurs. Situé à Quélern (Finistère), le CPEOM est l’une des trois branches du service action dirigées par l’armée de Terre. Les militaires qui y sont affectés sont spécialisés dans les interventions en milieu maritime et disposent pour cela d’un large éventail de moyens, dont des jet-skis.

 

L’appel d’offres en question prévoit l’acquisition de cinq nouveaux véhicules : deux exemplaires de type Ultra 310R et de trois exemplaires de type STX 160X, tous deux produits par Kawasaki. Les entreprises intéressées sont invitées à soumettre une offre d’ici le 25 novembre. La dernière version du STX 160X est mue par un moteur quatre cylindres de 1,498 cm³. En comparaison avec les modèles précédents, celle-ci comprend une plateforme arrière plus large et une meilleure autonomie. Légèrement plus long et taillé pour la vitesse, le modèle Ultra 310R présente une motorisation deux fois plus puissante (300 ch) et des dossiers légèrement rehaussés pour une plus grande stabilité.

 

Les STX-160X et Ultra 310R, modèles retenus par le CEOPM

Les STX-160X et Ultra 310R, modèles retenus par le CEOPM

 

Cet appel d’offres constitue l’un des rares témoignages de l’usage de ce type de véhicules par les unités spéciales françaises. Bien plus bruyant qu’un kayak, le jet-ski sacrifie la discrétion à la vitesse et à l’agilité, essentielles, par exemple, pour des missions d’évacuation médicale, de contre-terrorisme et autres opérations où l’urgence l’emporte sur la furtivité. Le CPEOM reste forcément discret sur l’usage précis qu’il est fait de tels engins lors des opérations clandestines. Quelques jet-skis ont été aperçus lors d’entraînements et d’exercices, tantôt pour « tracter » des nageurs de combat, tantôt pour fournir une capacité d’appui-feu supplémentaire lors des manoeuvres d’embarquement/débarquement. Ils peuvent alors recevoir une mitrailleuse de type Minimi montée sur un bras articulé fixé à l’arrière du véhicule.

 

Forte d’un peu plus de 5600 agents, la DGSE verra ses crédits n’augmenter que de 1% l’an prochain pour s’élever à 816M€ (titre 2 compris). Le plafond d’emplois sera en baisse à 5670 ETPT, contre 5843 pour cette année. Une situation préoccupante pour le député LR François Cornut-Gentille qui, dans un récent rapport parlementaire sur le PLF 2020, a insisté  sur le fait que « les moyens humains et budgétaires du renseignement extérieur français étaient relativement limités par rapport à ceux de pays comparables ». Le seul Government Communications Headquarters britannique, consacré au renseignent électronique, dispose quant à lui d’un budget annuel de 1,64Md€ et emploie 10 000 personnes.