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De la lutte anti-drones à la demande pour les armées françaises

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Après la lutte anti-drones spécialisée, généraliste ou de circonstance, place à une capacité « à la demande ». L’option est désormais sur la table de la Direction générale de l’armement (DGA), qui cherche à gagner en réactivité dans la captation et l’exploitation d’un domaine en constante évolution. 

Le projet a logiquement été baptisé « VIGIDRONE ». Lancé début juillet au profit du ministère des Armées et du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), il vise un objectif clair : permettre à ces deux acteurs de « compléter de manière agile, efficace et performante les dispositifs LAD déjà existants sur les emprises mais aussi de déployer ces dispositifs lors d’événements particuliers ».

Complémentaire des moyens patrimoniaux, VIGIDRONE propose de répondre à la menace croissante des drones en surfant sur le déploiement et l’exploitation « rapide et adaptable » de moyens spécialisés issus d’un marché « particulièrement dynamique ». C’est aussi une voie permettant de suivre l’évolution rapide du domaine « à coût réduit », les locations successives et d’ampleur limitée se substituant cette fois aux investissements majeurs exigeant des mises à jour fréquentes. Face à des cycles d’amélioration qui se comptent parfois en semaine, le tout doit contribuer à réduire l’écart persistant entre le bouclier et l’épée. 

Ni acquisition, ni développement donc, mais des prestations d’analyse de la menace et des moyens utiles pour la traiter, d’étude de scénarios technico-opérationnels, d’abonnement et de location de moyens LAD que la DGA n’activera qu’en cas de besoin. Pour ce faire, elle se constituera un panel d’industriels et de prestataires susceptibles d’intervenir tant sur le territoire national que sur un théâtre extérieur. Terre, air, mer, subspatial et sous-marin, l’ensemble des environnements est concerné.

Catalogue plutôt que programme d’achat « classique », VIGIDRONE n’est accompagné d’aucune cible chiffrée, d’aucun critère technique et encore moins d’une estimation de ligne budgétaire. Tout est dans un premier temps ouvert, en ce y compris une phase d’appel à candidatures accessible jusqu’en juillet 2029. Il revient à chacun de manifester son intérêt. S’il répond au cahier des charges transmis par la suite, un nouvel arrivant pourra ensuite participer à l’éventuelle compétition lancée dans le cadre d’un futur dispositif contractuel dynamique. Il pourra également en être éjecté s’il ne répond plus aux exigences. 

Complètes ou sectorielles, les solutions françaises ne manquent pas. Certains groupements emmenés par Thales, CS Group ou encore MBDA disposent aujourd’hui de systèmes complets, modulaires et évolutifs vendus à la France ou à l’étranger. Hasard du calendrier, CS Group vient aussi d’intégrer un catalogue de solutions LAD pré-qualifiées constitué à l’initiative de l’Agence de soutien et d’acquisition de l’OTAN (NSPA). De même, on ne présente plus des entreprises comme CERBAIR et MC2 Technologies, parfaitement identifiées par les armées. Et bien d’autres startups, PME et opérateurs viennent densifier un marché qui s’élargit à d’autres technologies, en témoigne l’apparition fulgurante de drones intercepteurs de drones ces derniers mois. 

La voie de l’externalisation viendra s’ajouter au socle existant dans les forces. Celui-ci est progressivement renforcé, soit par de nouveaux objets, soit par de nouveaux usages. L’intégration en urgence du missile MISTRAL 3 sur l’hélicoptère Tigre Mk 2, parachevée par la DGA et MBDA, n’est que le dernier exemple en date. L’actualisation de la loi de programmation militaire injecte par ailleurs 1,6 Md€ de crédits supplémentaires dans la défense aérienne élargie, la défense surface-air et la LAD. Portée à 6,9 Md€, l’enveloppe doit notamment permettre d’opérer 43 systèmes PARADE, BASSALT et MILAD à l’horizon 2030. Elle soutiendra également l’achat de 500 fusils brouilleurs et de 17 radars tactiques mobiles supplémentaires, ainsi que de « capacités amplifiées » de drones intercepteurs d’ici la fin de la décennie. 

Crédits image : armée de Terre / 54e RA

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