Quelques amendements au projet de loi de finances pour 2027 ont reçu hier le feu vert des députés de la Commission de la défense nationale et des forces armées. L’un d’entre eux, s’il parvient au bout du processus, contribuera à ajouter des crédits supplémentaires au profit de la robotique terrestre.
Quelque 30 M€ supplémentaires pourraient venir renforcer l’enveloppe allouée l’an prochain à la robotique terrestre. « Nous avons un manque de crédits d’études pour les robots terrestres, cela nous a été dit par tous les industriels et par l’état-major que nous avons auditionnés », relevait le député François Cormier-Bouligeon, à l’origine de cet amendement et rapporteur pour avis sur les crédits du programme 146 « Équipement des forces ».
Soustraits sur le programme 212 « Soutien de la politique de défense », ces crédits entendre répondre à plusieurs enjeux. Non seulement la robotique ne relève plus de la prospective et exige d’y prendre pied pour éviter tout retard, mais elle « répond aussi à une nécessité pour l’armée de Terre ». « Confrontée à des tensions durables sur ses ressources humaines, elle devra faire évoluer son format et son organisation. Les équipements non habités permettront de compenser en partie cette contrainte », souligne à ce titre le député du Cher.
Ce coup de pouce intervient à l’heure où le chef d’état-major de l’armée de Terre, le général Jacques de Montgros, a fait du passage à l’échelle des systèmes autonomes l’une de ses priorités. Si cette enveloppe parvient à se maintenir dans un PLF adopté en temps et en heure, elle pourrait directement bénéficier au programme à effet majeur (PEM) « Robotisation du combat terrestre ». Un peu moins de 50 M€ sont inscrits au budget 2027 pour engager son premier incrément. Sous réserve de son lancement en réalisation, celui-ci déboucherait sur la commande d’une capacité intermédiaire de robots armés pour équiper deux régiments.
Après la demande d’information diffusée avant l’été, une consultation est sur les rails pour l’acquisition d’une première tranche de 24 robots armés. Une solution pourrait émerger dans les premières semaines de 2027 pour permettre à l’armée de Terre de mettre rapidement le pied à l’étrier. Une seconde tranche suivrait pour 72 exemplaires supplémentaires. Ceux-là ne seraient perçus qu’à compter de 2031, le temps notamment d’y intégrer des briques souveraines.
Calqué sur le programme DROIDE, ce premier pas dans la robotique de combat n’a pas manqué d’attirer les principaux acteurs du domaine. KNDS France se positionne d’ores et déjà avec son CENTURIO. Soframe pousse un robot CXT en provenance de la division canadienne de Rheinmetall. Et d’autres industriels sont attendus, tels que Safran ou Unac, lauréat du marché ROBIN avec une version robotisée de son Fardier. Quelques incertitudes demeurent, notamment sur le calibre de l’arme intégrée. La question des coûts devient un facteur central et pourrait exiger de revoir certaines ambitions, observe-t-on dans les rangs industriels.
La robotique de combat devient par ailleurs indissociable d’une intelligence artificielle synonyme d’autonomisation. « Ce n’est pas le drone ou le robot qui est le vrai facteur de supériorité opérationnelle, c’est la capacité à en maximiser les effets par l’intelligence artificielle. (…) Ces systèmes, on en voit un développement exponentiel sur le champ de bataille, singulièrement depuis le début de l’année 2026 », notait le CEMAT mi-octobre en audition parlementaire. Cette autonomie, c’est plutôt au sein du programme Pendragon qu’il faut aller la chercher.
Selon la ministre des Armés, Catherine Vautrin, 35 M€ sont prévus pour Pendragon en 2027, de quoi permettre de démontrer une première unité robotique de combat – l’URC 0 – en juin prochain et écrire la suite. La dynamique vise à faire interagir une douzaine de robots de combat et une quarantaine de drones aériens en s’appuyant sur l’intelligence artificielle, détaillait le CEMAT. Bientôt dotées d’un vecteur d’acquisition pour leur volet robotique, les URC atteindraient leur pleine capacité à l’horizon 2035.