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Contractualisations en vue pour la défense sol-air belge

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Le processus de reconstruction d’une capacité de défense sol-air suit son cours en Belgique. Place à l’acquisition de systèmes NASAMS, Skyranger 30 et radars GM200 au travers du mécanisme d’achat mis en place par les Pays-Bas. 

Dix batteries NASAMS, 20 tourelles téléopérées Skyranger 30, 14 radars GM200 MM/C, une cinquantaine de véhicules de commandement, des prestations de formation et de soutien, des simulateurs, etc. La « liste de courses » de la Défense belge désormais officialisée, reste à passer commande. Cela se fera en s’appuyant sur les véhicules contractuels dont dispose déjà le partenaire hollandais. Actée début juillet à Ankara, l’intention va se formaliser, pour chaque contrat, par la conclusion d’un « Program Arrangement ». 

L’analyse belge « a démontré que la participation au dispositif existant conduit par les Pays-Bas constitue la solution la plus appropriée pour atteindre les objectifs d’interopérabilité, de communalité, de soutien mutuel, d’efficacité économique sur l’ensemble du cycle de vie et de coopération capacitaire poursuivis par les deux États », indique un avis de pré-attribution publié ce matin. 

Selon la Défense, opter pour un appel d’offres aurait pu « au contraire conduire à une fragmentation des capacités, incompatible avec les objectifs poursuivis dans le cadre de la coopération structurée BEL-NLD » et d’un mécanisme européen SAFE « visant notamment à renforcer l’interopérabilité, les acquisitions communes et la réduction de la fragmentation des capacités de défense européennes ». SAFE promet une ligne de crédit de plus de 8,3 Md€ à la Belgique, une enveloppe qu’elle mobilisera notamment pour sa défense sol-air.

Top départ estimé pour les trois lots prévus : le 1er octobre. Chacun dispose ensuite de son propre calendrier, chaque système principal devant faire l’objet d’un contrat séparé avec le groupe norvégien Kongsberg pour les NASAMS, avec la filiale néerlandaise de Thales pour les radars ou avec Rheinmetall Air Defence, division suisse du groupe rhénan, pour les systèmes Skyranger 30. Le terme est fixé à l’été 2030 pour ce dernier. La fourniture de radars multi-missions devrait s’achever fin 2031, celle de NASAMS un an plus tard. 

La Vision stratégique de 2025 prévoit un peu plus de 2 Md€ pour doter la Défense de batteries NASAMS ainsi qu’environ 1,1 Md€ « au cours des prochaines années » pour constituer un stock initial de missiles AMRAAM et/ou AIM-9X. Quant au Skyranger 30, quelque 466 M€ de crédits sont théoriquement fléchés vers ce système semi-statique destiné à une réserve territoriale en construction.

L’effort n’est pas que financier. Une unité de tir NASAMS exige entre 30 et 70 personnels pour sa mise en oeuvre. Le soutien de l’ensemble exigerait environ 300 militaires. Si la Défense comptera dans un premier temps sur les ressources existantes, « un effort de recrutement supplémentaire sera effectivement nécessaire » au fur et à mesure de la mise en service des batteries. Pour parer au plus pressé, la Défense belge devrait disposer dès l’an prochain d’une capacité initiale « louée » jusqu’en 2029. Sauf écueil, une première batterie de série est attendue pour 2028. 

« Le marché concerné ne vise pas uniquement l’acquisition d’un système d’armes, mais s’inscrit dans le développement d’une capacité commune de défense aérienne terrestre entre la Belgique et les Pays-Bas », poursuit la Défense belge. La logique pourrait être étendu à la couche supérieure du bouclier, objet d’un autre programme crédité de près de 2 Md€. Une étude de marché était toujours en cours cet été sous la houlette du groupe de travail « Blue Dome » de la Défense. Entre le SAMP/T NG européen et le PATRIOT américain, « nous prendrons probablement une décision à ce sujet courant 2027 », déclarait alors le ministre de la Défense belge, Theo Francken. Une notification reste programmée pour 2029, soit en fin de législature. Les élections fédérales débouchant généralement sur un temps de latence, tenir, voire accélérer le calendrier n’en sera que plus crucial. 

Crédits image : Rheinmetall

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