Comment les Armées vont renforcer l’opération Sentinelle

(Crédits: armée de Terre)

(Crédits: armée de Terre)

 

L’état-major des Armées (EMA) est revenu hier soir en détails sur le renforcement du dispositif Sentinelle, décrété à la suite de l’attentat de Nice. D’ici le milieu de la semaine prochaine, 4000 militaires supplémentaires seront déployés pour assurer la sécurité des sites exposés, avec une attention particulière pour les lieux de culte et établissements scolaires.

 

« Le déploiement de la totalité de l’échelon de renforcement programmé fera monter les effectifs déployés, comme l’a indiqué le président de la République, à 7000 militaires », rappelait l’EMA. Ce niveau n’avait plus été atteint depuis 2017. En milieu de semaine prochaine, Sentinelle comprendra donc une centaine de sections supplémentaires exclusivement issues de l’armée de Terre et réparties à 50-50 entre Paris et sa région et les six zones de défense et de sécurité du territoire métropolitain. Le dispositif est et restera constitué d’environ 10% de réservistes, souligne l’EMA.

 

Dès hier, 19 sections de l’armée de Terre ont été mises à disposition des autorités préfectorales et judiciaires dans les différentes ZDS (3 par zone et une à Nice). Pour la plupart des ZDS, un effort de régionalisation a été privilégié « pour permettre un déploiement efficace ». Autrement dit, ces premiers renforts proviennent d’unités casernées à proximité de leur secteur opérationnel. Il s’agit, entre autres, du 152e RI de Colmar pour la zone Est et 13e BCA de Barby pour la zone Sud-Est.

 

Selon l’EMA, le durcissement de Sentinelle ne gripera pas la mécanique opérationnelle de l’armée de Terre, malgré une sollicitation soutenue et constante pour les opérations Barkhane et Résilience. Les unités concernées constituent en effet un réservoir en alerte « ‘près à’ et ‘en mesure de’ », donc préparées pour se déployer sur court préavis. « Ce sont des sections et des entités préalablement formées, averties, équipées et prêtes à intervenir », commente l’EMA.

 

Pour les Armées, l’enjeu reste à la fois sécuritaire et sanitaire. « L’apparition de clusters dans les sections déployées constitue un risque qui, bien évidemment, est pris en compte en amont du dispositif. Nous veillerons à disposer des conditions de déploiement et d’emploi compatibles avec les mesures sanitaires en vigueur », détaille l’EMA. Concrètement, cela comprend un respect des mesures de distanciation sociale, un port du masque permanent et des conditions logistiques adaptées.

 

Sentinelle a connu une transformation constante depuis sa mise en place en janvier 2015 en réponse à la multiplication des attaques terroristes islamistes sur le territoire français. La principale évolution date de 2017, avec « un schéma plus flexible, plus réactif, moins prévisible et donc plus efficace ». Ce dispositif rénové s’articule autour de trois échelons. D’une part, un socle opérationnel permanent correspondant à celui en place lors des attentats de ce jeudi et établi à 3000-3200 militaires. Ensuite, l’échelon de renforcement programmé désormais en cours d’activation. Enfin, une réserve stratégique de 3000 personnels supplémentaires initiée si l’évolution de la menace et la tenue d’évènements particuliers l’exigent.