Belgique: la Composante Terre poursuit ses emplettes

Malgré les vents contraires, le ministre de la Défense belge Steven Vandeput maintient le cap de son plan de modernisation de l’armée belge. Dernière (petite) étape en date : l’approbation vendredi dernier par le Conseil des ministres de quatre programmes d’achat au profit de la Composante Terre.

 

Avant de laisser la place au Jaguar, le Piranha DF90 recevra un nouveau lot d'obus de 90 mm

Avant de laisser la place au Jaguar, le Piranha DF90 recevra un nouveau lot d’obus de 90 mm

 

« Après des années de coupes budgétaires et d’épargne, des investissements sont nécessaires pour renouveler et moderniser l’équipement militaire. Les investissements de la Vision stratégique ont été ratifiés par la loi du 23 mai 2017 (…). La Défense est engagée quotidiennement pour notre sécurité, nous devons nous assurer que nos soldats disposent d’un équipement adéquat et de qualité », a justifié Vandeput sur son site web.

 

Un premier marché public envisage l’acquisition de 198 « Cross-platform Remote Controlled Weapon Stations ». Ces RCWS seront non seulement destinées aux 45 véhicules 6×6 Pandur de la version recce & observation, mais également aux futurs véhicules de génie et de dépannage blindés et au remplaçant des LMV Lynx. Les 437 LMV entrés en service en 2007 seront en effet remplacés entre 2021 et 2025 pour un budget estimé à 131M€. Compte tenu de la communalité des besoins, la Défense a logiquement opté pour un achat groupé, afin d’assurer « des économies d’échelle, ainsi qu’une gestion logistique et une standardisation de la formation et de l’entraînement », explique le ministère. Les premières livraisons interviendront en 2020.

 

L’armement individuel des soldats belges progresse également dans sa modernisation avec l’achat de 9427 fusils d’assaut SCAR-L et 688 pistolets mitrailleurs P90 pour un montant de 37M€. Ce contrat sera attribué avant la fin de l’année 2018 à l’issue d’une procédure négociée avec FN Herstal, heureux fabricant des armes sélectionnées. Il s’inscrit dans la continuité du programme de remplacement des FNC et FN2000 lancé en 2012. Grâce à cette nouvelle commande, dont les livraisons s’étaleront entre 2020 et 2028, « nous pouvons équiper les unités opérationnelles de manière similaire et complète », s’est félicité Vandeput.

 

Enfin, les deux derniers marchés publics concernent l’achat de munitions pour les appuis feu direct et indirect, à savoir l’artillerie et les Piranha DF90. Deux programmes qui semblent taillés pour Mecar, munitionnaire belge acquis par le groupe Nexter en mai 2014. Fournisseur de longue date de l’armée belge, Mecar produit notamment une famille d’obus spécifiquement conçue pour le canon MK8 de CMI Defence monté sur les Piranha DF90*.

 

La première de ces deux procédures d’achat concerne tant les mortiers légers de 60 et 81 mm des para-commandos, que les mortiers lourds RT de 120 mm et les canons 105LG1 du Bataillon d’Artillerie. Par ailleurs, la Défense a conclu, en décembre 2017, un marché de 3.7M€ avec l’espagnol EXPAL Systems pour l’acquisition de 14 nouveaux mortiers de 81 mm pour remplacer les antiques M29. En 2019, le 2e Bataillon de Commandos et le 3e Bataillon de Parachutistes recevront chacun six systèmes tandis que les deux derniers rejoindront le Département technique de Stockem à des fins d’instruction.

 

Quant aux 18 Piranha DF90, entrés en service en 2008, ils seront à terme remplacés par les EBRC Jaguar envisagés par le programme CAMO, dont la signature officielle pourrait intervenir en juin prochain. Exit donc les canons de 90 mm, et place au duo CTA 40-MMP.

 

En pleine tourmente suite au « F-16 gate », il n’est sans doute pas si anodin que le ministre de la Défense belge communique soudainement à propos de programmes d’achat « mineurs ». À l’origine limité au dossier du remplacement des F-16, le débat politique s’est en effet rapidement élargi à la question de la transparence des achats d’armement. Parmi les dernières propositions de l’opposition gouvernementale : la création d’un registre de transparence dans lequel seraient mentionnés les contacts entretenus avec des lobbyistes pour tout achat supérieur à 1,5M€. « La manière dont les dossiers d’investissement sont aujourd’hui traités par la Défense peut être qualifiée d’exemplaire », avait alors réaffirmé Vandeput.

 

 

* Dont l’éventail de munitions comprend des obus de type TP-T/HESH, HESH-T, TP-T/FSDS et APFSDS-T