Belgique: enfin un clap de fin pour Vigilant Guardian ?

Un patrouille OVG dans un aéroport de Bruxelles-National pratiquement vide en raison de l'épidémie de Covid-19 (Crédits: Défense/Vincent Bordignon)

Un patrouille OVG dans un aéroport de Bruxelles-National pratiquement vide en raison de l’épidémie de Covid-19 (Crédits: Défense/Vincent Bordignon)

 

Cinq ans et demi après son activation, l’opération Vigilant Guardian devrait se clôturer en septembre prochain, confirmait hier le ministre de la Défense belge Philippe Goffin face aux députés de la commission Défense. Cette mission de surveillance « provisoire » similaire à l’opération Sentinelle avait été déployée au lendemain des attentats de janvier 2015 perpétrés en France.

 

« Le commissaire général de la Police fédérale a proposé un plan de reprise au sein du Comité stratégique du renseignement et de la sécurité », rappelait hier le ministre de la Défense. Selon ce schéma négocié en fin d’année dernière, la Police fédérale et la Défense prévoyaient une première phase de retrait à compter de décembre 2019. Dans un premier temps, Vigilant Guardian aurait alors diminué de moitié pour ne plus impliquer que 200 militaires sur le terrain et 100 au sein d’une réserve de déploiement rapide.

 

Malgré les reports successifs, l’activation de ce plan reste d’actualité pour que la police soit dans un second temps en mesure de reprendre la totalité des missions de surveillance effectuées par les militaires. Le cas échéant, la Défense ne conserverait dès septembre qu’une trentaine de soldats pour la protection de la centrale nucléaire de Doel (Flandre-Orientale) dans le cadre de l’opération Spring Guardian. L’heure tourne et, du côté des députés, certains s’inquiètent de l’absence de perspective quant au lancement effectif du plan « 200 + 100 », palier intermédiaire pourtant indispensable en vue du passage de flambeau à la police intégrée.

 

Le niveau de menace étant maintenu au niveau 2 par l’OCAM, l’appui de la Défense a été prolongé pour un mois supplémentaire lors du Conseil des ministres du 2 mai. La mission continue donc pour les quelques 420 militaires concernés. En raison de la crise sanitaire, les écoles, lieux de cultes, musées et institutions internationales habituellement surveillés ont du fermer leurs portes, à la suite de quoi la Défense renforce la police « avec un dispositif adapté », souligne Philippe Goffin. Néanmoins, et en dépit du faible nombre de navetteurs, la police a maintenu le déploiements de l’armée dans certaines stations de métro et gares ferroviaires.

 

Bien qu’elle doive encore se traduire en actes, cette annonce du ministre Goffin permet en tout cas d’enfin entrevoir l’issue d’une opération qui aura coûté plus de 200M€ et, plus encore, aura durablement impacté les compétences opérationnelles des militaires belges.