Allemagne : le KSK officiellement amputé d’une compagnie

Le général Markus Kreitmayr, commandant du KSK, lors du dernier appel de la 2e compagnie avant sa dissolution le 1er août (Crédits : Bundeswehr/KSK)

Le général Markus Kreitmayr, commandant du KSK, lors du dernier appel de la 2e compagnie avant sa dissolution le 1er août (Crédits : Bundeswehr/KSK)

 

Miné par « un commandement toxique, des tendances extrémistes et une utilisation peu scrupuleuse du matériel et des munitions », le commandement des forces spéciales (KSK) de la Bundeswehr a entamé une profonde réorganisation avec la dissolution le 1er août de la deuxième de ses quatre compagnies.

 

« Nous sommes aujourd’hui confrontés à une nouvelle tâche commune et à un nouvel objectif commun », déclarait le commandant du KSK, le général de brigade Markus Kreitmayr, le 30 juillet à l’occasion du dernier appel de la 2e compagnie (2./KdoKr). Cette dissolution sera effective au moins jusqu’à l’an prochain. Cette « réinitialisation » de la 2./KdoKr est mise en oeuvre par le commandement de l’armée de terre (KdoH) avec pour attention particulière de ne pas nuire au niveau de préparation opérationnelle du KSK dans son ensemble.

 

Régulièrement pointé du doigt depuis 2017 en raison de la proximité de certains de ses membres avec la mouvance d’extrême-droite, le KSK « traverse actuellement la crise la plus difficile de son histoire », souligne le général Kreitmayr dans deux prises de parole seulement diffusées ce matin. Ni récent, ni conjoncturel, ce rapprochement avec la mouvance d’extrême-droite a conduit à la constitution d’un groupe de travail ad hoc au sein du ministère de la Défense puis à la publication d’un rapport de 55 pages rendu public en juin dernier.

 

Ce rapport que « chaque soldat doit lire et connaître » comprend 60 mesures réparties dans six thématiques. En plus de la dissolution de la 2./KdoKr, « qui a joué un rôle particulièrement peu glorieux dans ces évènements », les mesures structurelles « les plus sérieuses » impliquent de placer la compagnie de commandement et de soutien (SOCC Kp) sous l’autorité exclusive de la DSK et de confier l’ensemble du volet entraînement au Centre d’entraînement de l’infanterie de Hammelburg.

 

Pour le commandant du KSK, le principal objectif dans les semaines et mois à venir sera « d’activer, d’augmenter et de mobiliser nos soi-disants ‘pouvoirs autonettoyants’ de manière à éliminer complètement et durablement toutes les omissions, manquements et erreurs ». Faute de quoi, son unité pourrait être dissoute à la fin du mois d’octobre, date à laquelle le ministère de la Défense évaluera l’implémentation des premières mesures et les changements consécutifs. D’ici là, le commandement allemand poursuivra également les investigations relatives aux comportements extrémistes et à la mauvaise gestion des ressources matérielles. Un inventaire général sera réalisé de fin octobre à fin novembre, au cours duquel l’ensemble des matériels et des stocks de munitions du KSK seront contrôlés et référencés.