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2027, nouvelle année de rattrapage pour le génie

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L’arme du génie ne sera pas oubliée en 2027. Derrière la réorganisation et le renforcement des régiments, les sapeurs peuvent s’attendre à recevoir ou entrevoir de nouveaux équipements majeurs l’an prochain.

La capacité génie « commence à remonter en puissance », un impératif après des décennies au second plan et « rendue possible par l’actualisation de la LPM », annonçait il y a peu le chef d’état-major de l’armée de Terre (CEMAT), le général Jacques de Montgros. L’effort porte sur « la capacité de bréchage mais pas exclusivement. C’est également le cas pour les capacités de minage ou de déminage ». Pour les sapeurs, la dynamique se partage entre poursuite des livraisons et concrétisation de sujets jusqu’alors parvenu au stade de l’acronyme.

Le rattrapage devient visible dans l’appui à la mobilité et la contre-mobilité. Les deux premiers engins de brêchage mécanique de zone (EBMZ) ont été perçus et poursuivent les évaluations, notamment de franchissement sur EFA et SPRAT aux côtés des 13e et 19e régiments du génie. Développé en 19 mois, l’EMBZ repose sur un tracteur niveleur de 45 tonnes de Caterpillar. Blindé, il peut aussi être téléopéré par radio ou fibre optique. L’armée de Terre en attend 21 d’ici 2030. Idem pour le système de brêchage pyrotechnique SABRE, remplaçant désigné du SDPMAC. À l’autre bout du spectre, le génie devrait, selon le CEMAT, percevoir 18 systèmes d’enfouissement de mines au cours de la LPM, probable écho à cet appel d’offres lancé en début d’année par la Direction générale de l’armement (DGA). 

La plupart de ces « objets » sont maintenant réunis au sein du programme de « Maîtrise du milieu terrestre » (2MT), nouveau nom de baptême du programme de « système de franchissement lourd-léger » (SYFRALL). Centré sur la succession du PFM, le renouvellement des capacités de franchissement se complète d’un petit contrat de près de 1 M€ attribué mi-septembre à CEFA. Son enjeu ? Étendre la qualification de l’engin de franchissement de l’avant (EFA) à la classe MLC 80C, de quoi garantir l’emport des chars les plus lourds en service dans l’OTAN. Les éventuelles modifications ne sont pas connues, mais le marché comprendra une phase d’essais étatiques. 

Décalé d’un an, le lancement de l’engin du génie de combat (EGC) apparaît enfin dans la programmation budgétaire française. Une ligne de 850 M€ devrait y être affectée fin 2027 en fin d’année prochaine par la partie française, dont environ 150 M€ seraient engagés pour les premières études de développement. L’EGC reste un programme franco-belge piloté par l’OCCAr. S’il faudra attendre, côté belge, qu’un budget soit voté, le dossier y progresse sur le plan politique. Le développement et l’acquisition de l’EGC seront en effet soumis ce mercredi à l’approbation des parlementaires, étape préalable à l’octroi d’un feu vert gouvernemental.

Une fois l’alignement étatique acquis, l’OCCAr pourra enfin diffuser l’appel d’offres longtemps attendu pour EGC. Son champ serait ouvert aux industriels européens et de l’OTAN. La filière semble prête. Positionné de longue date, le duo formé par KNDS et CNIM Systèmes Industriels pourrait ne pas être le seul en lice. John Cockerill lorgne lui aussi sur le sujet. Le groupe belge entend miser sur Arquus, maître d’oeuvre désigné, pour la phase de développement et sur sa division belge pour la production des EGC acquis par la Belgique. L’un des enjeux revient désormais à trouver les partenaires adéquats pour la fonction « travaux publics ». Quelques acteurs existent côté belge, à commencer par Caterpillar ou l’entreprise anversoise Luyckx, déjà connue du client national. D’avis d’industriel, d’autres sont susceptibles de tenter l’aventure, tels que les Espagnols de GDELS ou le groupe rhénan Rheinmetall.

Génie, logistique, défense sol-air ou guerre électronique, « l’actualisation de la LPM nous permet, dès 2027, de commencer à faire un effort pour la remontée en puissance de ces capacités », relevait le CEMAT en audition parlementaire. Cette remontada ne sera pas de trop. Trois décennies d’opérations de gestion de crise et de lutte contre le terrorisme ont placé ces domaines au second plan. Chacun avance maintenant à marche à forcée – mais suivant la disponibilité des budgets – pour reconstituer des éléments organiques « qu’il est parfois confortable d’oublier et qui sont pourtant juste indispensables pour pouvoir maximiser les effets des divisions et des brigades. (…) On a assez longtemps mis ces capacités dans un ordre de grandeur moindre ». 

Qu’importe le segment et l’investissement qui lui est accolé, « c’est nécessaire, ce n’est pas suffisant. Nous devons continuer cet effort qui est prévu dans l’actualisation de la LPM. C’est structurant pour pouvoir engager un niveau corps d’armée en tant que nation-cadre ». Tant le corps d’armée que la division sont engagées dans une dynamique de transformation devant aboutir en 2030 pour le premier, en 2027 pour la seconde. L’écueil est connu, les besoins sont clairement identifiés. Reste à sécuriser les finances nécessaires pour s’assurer d’être crédible avant la fin de la décennie. 

Crédits image : Antoine Siffroi / STAT

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