Une première brique identifiée pour le MGCS ?

Le démonstrateur de canon calibre 130 mm présenté par Rheinmetall cette semaine (Crédit: Rheinmetall Group)

Le démonstrateur de canon calibre 130 mm présenté par Rheinmetall cette semaine (Crédit: Rheinmetall Group)

 

L’Allemand Rheinmetall propose à présent son canon de calibre 130 mm aux États-Unis, à l’occasion du salon de défense AUSA organisé cette semaine à Washington. Rien de bien surprenant, nous direz-vous. Sauf que, pour la première fois, l’industriel rhénan associe explicitement ce système d’arme au programme franco-allemand de char du futur, le Main Ground Combat System (MGCS).

 

Dévoilé en 2016 durant le salon Eurosatory, le canon L51 de 130 mm est conçu pour « répondre à la nécessité d’améliorer considérablement les performances contre les véhicules blindés modernes, » déclarait alors Rheinmetall. Une première phase de développement a depuis lors été achevée, mettant en évidence « une puissance de feu et une vitesse à la bouche supérieures à celles du canon standard de 120 mm L55/L55A1 lors de tests à tirs réels réalisés sur des cibles modernes, » annonce Rheinmetall dans un communiqué diffusé hier. D’après le groupe allemand, l’augmentation de 8% du calibre apporte un regain de 50% d’énergie cinétique. Durant les prochains mois, ce démonstrateur subira une nouvelle batterie de tests devant permettre de confirmer « une progression substantielle des performances par rapport aux armements principaux de chars [actuellement] en service ».

 

Plus léger que le canon de 120 mm L55 du Leopard, le L51 sera accompagné de munitions pesant plus d’une trentaine de kg à l’unité. L’introduction de ce canon nécessitera donc de venir y adjoindre un système de chargement automatique des munitions et de repenser la conception de la tourelle sur laquelle il viendra s’intégrer. C’est ici que le programme MGCS entre en piste. Fort de ces résultats positifs, Rheinmetall annonce en effet plancher sur « un démonstrateur de tourelle inhabitée de calibre 130 mm équipée d’un système de chargement automatique, » avant d’ajouter que « ce système sera compatible avec le projet européen Main Ground Combat System (MGCS) ». L’annonce s’arrête là, le contexte se voulant propice à l’apaisement avec les deux autres industriels concernés par le programme, KMW et Nexter.

 

Cette sortie intervient effectivement à l’heure où Paris et Berlin semblent enfin sur le point débloquer l’épineuse question du partage des tâches entre les trois maîtres d’oeuvre. D’après La Tribune, les partenaires franco-allemand se seraient accordés autour d’une division en neuf lots égaux pour la phase d’architecture du programme, chaque industriel en récupérant trois. Toute la difficulté reviendra à faire coïncider ces parts avec la distribution des charges industrielles établie dès l’origine du programme: 50% pour Nexter, 25% pour KMW et 25% pour Rheinmetall. La teneur exacte de ces lots n’est pas connue, mais le communiqué pourrait laisser présager – avec prudence – que ce dernier lorgne résolument sur la charge consacrée à l’armement principal du futur char de combat. Et si, du sommet ministériel franco-allemand organisé demain à Toulouse émanait finalement la notification tant attendue ? Scénario peu probable, tant les retards constatés autour du programme de chasseur européen SCAF accaparent les discussions entre Florence Parly et son homologue allemande, Annegret Kramp-Karrenbauer.