Un centre d’entraînement Saab pour la Défense belge

Un soldat néerlandais équipé du système BT47 SAT de Saab, auquel ont déjà eu accès les militaires de la Composante Terre (Credit: Ministère de la Défense des Pays-Bas)

Un soldat néerlandais équipé du système BT47 SAT de Saab, auquel ont déjà eu accès les militaires de la Composante Terre (Credit: Ministère de la Défense des Pays-Bas)

 

La Défense belge vient de sélectionner Saab pour la livraison, en 2021, d’un nouveau système d’entraînement pour la Composante Terre. Un contrat de 15 M€ pour l’entreprise suédoise et un première succès sur le sol belge pour sa division Training & Simulation.

 

Ce marché, remporté au terme d’une évaluation concurrentielle menée sur les terrains de manoeuvre belges, comprend la livraison d’un centre  mobile d’entraînement au combat (CTC) « Gamer » incluant un système de simulation d’engagement tactique (TESS). Un contrat de soutien sera négocié par la suite avec la Défense belge. « Cela signifie que la Belgique partagera les mêmes standards que les membres de l’Interoperabity User Community (IUC). Ils [les militaires belges] peuvent dès lors participer à des exercices multinationaux aux côtés, entre autres, des Pays-Bas, de la Pologne, de l’Allemagne, de l’Autriche, de la Suède, de la Norvège, de la Finlande, du Royaume-Uni et de la 7e armée des États-Unis, » souligne Åsa Thegström, directrice de la division Training & Simulation au sein de Saab Dynamics.

 

Ni Saab, ni la Défense belge n’ont souhaité détaillé plus avant les systèmes acquis. « La Défense va d’abord communiquer en interne à son personnel concernant ce sujet, » nous ainsi répondu la Direction générale des ressources matérielles (DGMR) par l’entremise du service de presse. Néanmoins, le choix de la Composante Terre devrait logiquement se porter sur un ensemble de détecteurs individuels reliés au BT47 Small Arms Transmitter (SAT) pour la partie infanterie, sur le système BT46 Mk III et le nouveau Compact Ballistic Laser (CBL) pour la formation sur tourelleau téléopéré, et sur un simulateur spécifique pour les sections antichar, dotées de missiles Spike LR. Ces éléments seront accompagnés de moyens de communication et de contrôle, de même que d’un logiciel de suivi et d’analyse de l’exercice. Ces dispositifs permettront d’entraîner simultanément trois compagnies sur des terrains différents. Ils pourront également être combinés pour soutenir des exercices opérés au niveau du bataillon.

 

À noter que le volet infanterie du futur CTC est déjà bien connu des troupes belges. De fait, le représentant de Saab pour la France et le BENELUX, Henrik Vassallo, précise que les troupes belges « ont utilisé nos systèmes d’entraînement au cours des quatre dernières années (…). » Depuis un moment, la Belgique se fait en effet la main sur les dispositifs acquis auprès de Saab par l’armée néerlandaise, lors d’entraînements conjoints aux Pays-Bas. Livré au début des années 2000, le « Mobile Combat Training Centre » néerlandais est sensiblement équivalent à celui commandé par la Belgique. Il a depuis été constamment modernisé et perfectionné pour devenir aujourd’hui le plus vaste centre d’entraînement mobile au monde, capable d’entraîner jusqu’à l’équivalent d’un bataillon en simultané, avance l’industriel suédois.

 

S’il facilite les exercices multinationaux avec les pays de l’IUC, le choix de la Défense belge pose néanmoins la question de l’interopérabilité avec l’armée de Terre française. La trajectoire prévue par le programme CaMo de rapprochement des forces terrestres franco-belges prévoit effectivement la communalisation des dispositifs d’entraînement et de formation. Or, CaMo « n’est pas entré en ligne de compte dans les discussions que nous avons eu avec le client », révèle Saab, la Belgique ayant privilégié la compatibilité OTAN au lieu du seul périmètre bilatéral. Le système acquis par la Belgique étant théoriquement appelé à suivre les militaires lors d’entraînements conjoints à l’étranger, il serait pourtant fondamental qu’il puisse interagir correctement avec les éléments du programme CERBERE (Centres d’entraînement représentatifs des espaces de bataille et de restitution des engagements). Confié en décembre 2016 au groupement réunissant Thales et RUAG Defence France, CERBERE succèdera au système CENTAURE, entré en service il y 20 ans. Il sera déployé au CENTAC de Mailly-le-Camp (Aube) et au CENZUB de Sissonne (Aisne), qui pourront, ensemble, entraîner jusqu’à trois SGTIA en simultané.