Un casque neurostimulant pour les forces spéciales

D-IX, Méthédrine, Ritaline, Provigil et aujourd’hui le Captagon utilisé par Daesh : nombreux sont les psychotropes créés et utilisés par les belligérants à travers l’Histoire pour permettre à leurs soldats de rester « plus fort, plus longtemps ». Ces « potions magiques » pourraient bientôt disparaître au profit de technologies modernes, alors que les forces spéciales britanniques sont sur le point de tester un casque permettant d’augmenter la force et l’endurance des soldats au travers d’impulsions électriques, révèlait le quotidien britannique The Times le 28 juillet dernier.

 

Halo Sport a tout d'un casque classique, sauf qu'il cache deux électrodes neurostimulants (Crédit photo: Halo Neuroscience)

Halo Sport a tout d’un casque classique, sauf qu’il cache deux électrodes neurostimulants
(Crédit photo: Halo Neuroscience)

 

Développé par la société californienne Halo Neuroscience, le casque Halo Sport repose sur une technique de neurostimulation spécifique, la stimulation transcrânienne à courant direct, utilisée depuis longtemps pour traiter des troubles tels que la schizophrénie ou le déficit de l’attention. Comme son nom l’indique, le Halo Sport est quant à lui destiné à l’origine au monde sportif. Une poignée d’athlètes l’utiliseront d’ailleurs pour s’entraîner durant les Jeux olympiques d’été de Rio, qui débutent ce 5 août. Un joli coup de pub pour Halo Neuroscience, mais qui pourrait néanmoins déclencher une polémique car Halo Sport pourrait être perçu comme une nouvelle forme dopage indécelable.

 

L'une des deux électrodes du casque Halo Sport (Crédit photo: Halo Neuroscience)

L’une des deux électrodes du casque Halo Sport (Crédit photo: Halo Neuroscience)

Le travail de Halo Neuroscience  a néanmoins rapidement  suscité l’intérêt du Pentagone,  avec qui elle a récemment  signé un partenariat de  développement dans le cadre  du programme « Defense  Innovation Unit Experimental  ». « Ces casques seront utilisés par certaines équipes de nos forces spéciales qui travailleront avec Halo pour évaluer l’efficacité de leur dispositif en matière d’amélioration du tir de precision, de combat rapproché et d’entraînement physique général », déclarait le secrétaire à la Défense américain Ashton Carter après l’annonce du partenariat.

 

Le processus, baptisé « Neuropriming » par Halo Neuroscience, est relativement simple. Deux électrodes – des « Neuroprimers » – fixés sur un casque identique à celui que vous portez pour faire votre jogging, envoie de légères impulsions électriques en direction du cortex moteur, responsable des muscles du corps. Une fois stimulé, le cerveau réagira en activant davantage de fibres musculaires et compensera donc la fatigue de l’utilisateur. Le tout est géré à travers une application similaire à celle téléchargée sur vos smartphones. Résultat : la puissance musculaire d’une jambe augmente de 12% après deux semaines d’entraînement, revendique Halo Neuroscience. De quoi expliquer l’intérêt affiché par les forces spéciales américaines et britanniques, soumises à un effort intense prolongé lors de leurs missions.