Trump et la défense, 1/3

avec Nathan Gain

 

 

Donald Trump  (AP Photo/LM Otero)

Donald Trump (AP Photo/LM Otero)

Exit le choc des premières heures, place maintenant au pragmatisme. Hier Donald Trump a été élu futur président des Etats-Unis au terme d’une campagne au vitriole durant laquelle il s’est bien gardé de détailler son programme. Comme l’a justement fait remarqué la ministre de la Défense allemande Ursula von der Leyen le 9 novembre dans une interview télévisée : « le premier défi consistera à deviner ses plans ». En effet, même lors de son discours d’une trentaine de minutes le 7 septembre a la Union League de Philadelphie, le futur président américain s’est montré évasif, imprécis, voire contradictoire concernant son programme de défense. On verra, suite à son apprentissage de deux mois auprès de Barack Obama, s’il devient plus précis une fois installé a la Maison Blanche.

Nous avons écouté attentivement ce discours du 7 septembre, qui par un tour de passe/passe assez habile à première vue, réussit a lier le thème « défense » à celui de l’emploi, pour vous en proposer une analyse, certes un peu longue, en trois parties : la première aujourd’hui, la suivante demain et la dernière lundi. 

 

« Peace through strength » : « la paix mais avec la force ». Trump posa d’emblée cette idée comme pilier de sa politique étrangère. Il expliqua à son auditoire que « notre nouvelle politique étrangère sera orientée pour faire avancer les intérêts nationaux primordiaux de l’Amérique » tout en « promouvant la stabilité régionale ». Il dit très sérieusement, « nous voulons atteindre un monde stable et pacifique avec moins de conflits et plus de terrains d’entente ». Ensuite il s’est un peu pris les pieds dans le tapis, proclamant que son pays allait « promouvoir la stabilité régionale en accentuant et soulageant les tensions dans notre monde très troublé ». Accentuer pour mieux soulager par la suite ?

Il veut nouer de « nouvelles amitiés, reconstruire de vieilles alliances et mener de nouveaux alliés dans notre giron », travaillant « avec tous les pays qui partagent notre objectif de détruire Daesh et vaincre le terrorisme radical, islamique », en formant « de nouvelles amitiés et de nouveaux partenariats basés sur cette mission et cette mission seule ». Ce qui donna a penser que son ami, et bientôt homologue, russe Vladimir Poutine aurait de ses nouvelles. Néanmoins, vers la fin de son discours, il accusa la Russie « d’avoir défié notre gouvernement à chaque tournant ». Il faudra qu’il clarifie son attitude vis-à-vis de Moscou dans les semaines qui viennent.

Sa ligne sur le Moyen Orient semble plus claire, en continuité avec son opposition manifestée dès mars 2003 contre l’intervention militaire des Etats-unis en Iraq. Trump souligna que « nos actions seront tempérées par le réalisme » , expliquant que « notre objectif directeur dans cette région devrait être [d’y introduire] des réformes graduelles plutôt que des changements soudains et radicaux ». Il blâma l’administration Obama d’avoir aidé à provoquer la chute de régimes « sans aucun projet pour le lendemain et laissant des vacances de pouvoir rapidement occupées par des terroristes ».

 

[La deuxième partie paraîtra demain]