Trident Juncture 2018, le plus grand exercice de l’OTAN depuis la guerre froide

Trident Juncture 2018 est un exercice militaire dirigé par l’OTAN qui se déroulera du 25 octobre au 7 novembre en Norvège et « alentours », sous le commandement de l’amiral James Foggo, chef de l’Allied Joint Force Command basé à Naples. Cet exercice est le plus important du genre en Norvège depuis les années 1980. La Suède et la Finlande, officiellement non membres de l’OTAN, participent désormais à toutes les manœuvres de l’organisation du traité de l’Atlantique Nord. Réponse du berger à la bergère, en l’occurrence aux participants du gigantesque exercice russo-chinois (pour l’essentiel) Vostok-2018 ?

Trident Juncture 2018 est le plus grand exercice de l'OTAN depuis 2002 (Illustration: OTAN)

Trident Juncture 2018 est le plus grand exercice de l’OTAN depuis 2002 (Illustration: OTAN)

Environ 51.000 participants (le chiffre de 40.000 avait été avancé) de plus de 30 pays, avec 10.000 véhicules, 150 aéronefs et 60 navires sont impliqués. Le scénario est basé sur la mise en œuvre de l’article 5 de l’Alliance qui prévoit que l’un des pays membres qui serait attaqué voit automatiquement tous les autres venir à son aide. La Norvège avait notifié la tenue de cet exercice à l’OSCE pour permettre à tous ses pays membres d’envoyer des observateurs. L’OTAN a également briefé la Russie à ce sujet. « L’OTAN est une alliance défensive », a affirmé l’amiral Foggo ; « Nous ne cherchons nullement le combat mais nous sommes déterminés à dissuader et défendre nos membres. C’est l’objet du présent exercice : entraînement à la défense et à la dissuasion, en étant prêt à répondre à toute menace venant de n’importe où, à n’importe quel moment ».

 

L’exercice se déroulera principalement dans le centre et l’est de la Norvège, ainsi que dans les zones aériennes et maritimes de Norvège, de Suède et de Finlande. Trident Juncture a pour principal objectif de former la Force de Réaction de l’OTAN (NATO Response Force) et de tester les capacités de défense de l’Alliance. Pour la Norvège, l’exercice met à l’épreuve la capacité du pays à recevoir et à gérer le soutien allié. Plus encore, l’exercice mettra à l’épreuve son aptitude à recevoir et gérer de grandes quantités de troupes, de matériel et d’équipement militaire. Cela mettra également à l’épreuve le concept de défense totale de la Norvège, à savoir les ressources militaires et civiles totales du pays, qui seront utilisées pour prévenir et gérer les crises et les conflits. Ce concept signifie que des autorités civiles telles que le secteur de la santé, les chemins de fer norvégiens, l’administration norvégienne des routes et la direction norvégienne de la protection civile aideront l’armée à accueillir les troupes alliées pendant l’exercice.

 

Lors du sommet de l’OTAN au pays de Galles en 2014, l’Alliance a décidé de mener plusieurs exercices militaires de haut niveau au cours des années suivantes. Trident Juncture figure parmi eux ; la première édition a eu lieu au Portugal et en Espagne en 2015. Pour l’édition 2018, la majeure partie de l’exercice se déroulera dans le centre et l’est de la Norvège, dans les comtés de Trøndelag, Hedmark et Oppland. L’armée norvégienne a qualifié l’exercice de plus important en Norvège depuis les années 1980. Ce sera le plus grand exercice de l’OTAN depuis 2002.

 

Trident Juncture 2018 comprend trois parties principales : une phase de déploiement d’août à octobre (elle est en voie d’achèvement), un exercice de terrain réel du 25 octobre au 7 novembre et finalement un exercice de poste de commandement (CPX) du 13 au 24 novembre.

 

Le déploiement a commencé en août, le personnel, l’équipement et le matériel militaire arrivant à 27 endroits différents en Norvège. À partir de ces points d’arrivée, le matériel a été et est encore transporté par chemin de fer et par route vers les zones d’entraînement. Un total estimé de 180 vols et 60 cargaisons de navires aura transporté tout l’équipement d’exercice en Norvège. Au total, 50 camps sont installés dans et autour de la zone d’exercices. La moitié d’entre eux peuvent accueillir plus de 500 personnes, le plus grand pouvant accueillir 5.500 personnes. Cela inclut l’établissement de 35.000 lits, le service de 1,8 million de repas et 4,6 millions de bouteilles d’eau, ainsi que la lessive de 660 tonnes de linge tout au long de l’exercice.

 

Pendant l’exercice sur le terrain (LIVEX) du 25 octobre au 7 novembre, les participants commenceront leur entraînement selon un scénario préétabli. La bataille terrestre se déroulera au sud de Trondheim et au nord du Camp Rena, dans le comté de Hedmark. Trident Juncture permettra notamment de tester la capacité de l’Alliance à fonctionner par temps froid et sur des terrains difficiles.

 

Il y aura également une activité maritime le long de la côte norvégienne, de la mer du Nord et de zones limitées dans la mer Baltique et le Skagerrak. Il y aura une activité aérienne dans l’espace aérien au-dessus de la Norvège, de la Suède et de la Finlande. L’exercice de poste de commandement (CPX) durera du 14 au 23 novembre 2018 au Centre de guerre interarmées (Joint Warfare Center) de l’OTAN à Stavanger, en Norvège. Il s’agit d’un exercice de simulation sur données destiné à former le QG. Cet exercice constitue également un test de certification pour le Commandement des forces alliées interarmées basé à Naples.

 

Dans le cadre du scénario, parmi les 5.000 hommes qui débarqueront le 20 octobre à Frederikstad, au sud-est de la Norvège, sous les ordres du général canadien Christian Juneau, figurent 600 marsouins du 3e RIMa de Vannes qui seront intégrés à une brigade sous commandement allemand (l’Allemagne va engager 8.000 soldats et 2.000 véhicules, dont 200 blindés). Leur retour à Marseille est prévu pour le 25 novembre.

 

Nous ne résistons pas au plaisir de relayer un commentaire analytique posté par « Salluste » sur le site de Ouest France concernant cet exercice, commentaire qui se termine par la mise en garde suivante : « Analyse de la colonelle Karolina Hultqvist, département Guerre de l’information au sein du ministère de la défense suédois. Ce texte ne peut être qu’un moment de vérité dans un mensonge ou une opération de désinformation de l’OTAN (STRATCOM NATO). » Voici ce qu’écrit « Salluste ».

 

Trident Juncture possède un programme ultra secret : emploi d’armes nucléaires tactiques pour neutraliser les forces conventionnelles russes. Trident Juncture est la suite d’Able Archer, saison 2, plus sournoise, plus nucléaire, plus agressive. La mise en place de bombardiers atomiques sur l’aérodrome d’Helsinki larguant des bombes nucléaires B61-12 à énergie variable en est une preuve évidente et vérifiable.

 

Trident Juncture possède un volet cyber : piratage massif des réseaux informatiques russes. Trident Juncture développe aussi des opérations de guerre psychologique. Des commandos appartenant aux forces spéciales vont saboter les réseaux électriques de la région de Saint-Petersbourg et de Kaliningrad (théorie des cercles de Warden).

 

Des opérateurs Forces Spéciales des différentes marines vont également détruire les câbles de communication sous-marins adverses.

 

Trident Juncture est un concept de guerre hybride mêlant opérations conventionnelles, terrorisme, diplomatie, cyber et nucléaire tactique. Les campagnes seront non linéaires et dureront plusieurs années.

 

Une composante spatiale est prévue. Space X satellisera la navette X-37B de l’US Air Force. Celle-ci neutralisera les satellites russes.

 

Ah, si Tom Clancy pouvait compléter le scénario !