Spy’Ranger, le fruit d’une PME et d’un prime

par Nathan Gain et Christina Mackenzie

 

Spy’Ranger, un mini-drone tactique actuellement testé par les forces armées françaises, a la particularité de disposer de la seule chaine image EOIR au monde capable de transmettre en temps réel un flux haute définition Electro-optique et InfraRouge haute définition (HD) évolutif. Nous l’avons découvert lors d’une visite au siège d’Aviation Design, une PME française spécialiste de la modélisation d’avions et partenaire de Thales depuis 2005.

 

Et voici Spy'Ranger, un condensé de technologies uniques bientôt choisie par l'armée française? (Crédit photo: Thales)

Spy’Ranger, un condensé de technologies uniques bientôt choisie par l’armée française? (Crédit photo: Nathan Gain

 

« De sous-traitant lors de la conception du Spy’Arrow, Aviation Design est rapidement devenu un partenaire privilégié de Thales » au point de se voir confier, il y a un an et demi, la création du Spy’Ranger, nous précise Eric Rantet, propriétaire et directeur de cette

Eric Rantet, propriétaire et chef d'entreprise d'Aviation Design (crédit photo: Christina Mackenzie)

Eric Rantet, propriétaire et chef d’entreprise d’Aviation Design (crédit photo: Christina Mackenzie)

PME situé dans le village de Milly-la-Forêt à environ 70km au sud de Paris.

Il ajoute que « trois mois de développement ‘intégré’ ont suffit à l’équipe mixte Thales/Aviation Design pour accoucher d’un nouveau drone tactique » de 15 kg, doté d’un rayon d’action de 30km, d’une autonomie de trois heures et, surtout, qui bénéficie d’un panel de technologies uniques. À commencer par sa structure, principalement composée de fibre de carbone, et son coussin d’atterrissage, constitué d’une mousse brevetée unissant Kevlar, matière abrasive et matériaux absorbant.

Le patin d'aterrissage, une pièce qui se change très facilement si nécessaire (crédit photo: Christina Mackenzie)

Le patin d’aterrissage, une pièce qui se change très facilement si nécessaire (crédit photo: Christina Mackenzie)

Dépourvu de toute électronique, Spy’Ranger est conçu pour être monté en moins de dix minutes sans outillage et pour être transporté dans deux sacs. Le système complet – rampe de lancement et station de contrôle incluses – pèse moins de 25 kg.

 

 

Mais l’atout majeur du Spy’Ranger réside dans sa boule optronique gyrostabilisée « Spy Ball » dotée de deux canaux vidéo et d’un désignateur laser rétractable dans le fuselage du drone. Développée en partenariat avec MERIO, la boule Spy Ball est « une évolution majeure par rapport aux systèmes utilisés en Afghanistan et en Côte d’Ivoire », explique Rantet. Le canal vidéo de jour ainsi que l’infrarouge peuvent transmettre leurs données en temps réel et en HD.

La Spy'Ball, condensé de technologies réalisé par MERIO (Crédit photo: Nathan Gain)

La Spy’Ball, condensé de technologies réalisé par MERIO (Crédit photo: Nathan Gain)

 

Thales a utilisé des briques technologiques issues de son portfolio pour créer ce drone. Ainsi,  l’algorithme du pod Reco NG du Rafale a été adapté aux capacités du Spy’Ranger pour concevoir la liaison de données, tandis que le traitement de l’image et le logiciel de commandes sont repris du Spy’Arrow.

 

Thales a également développé un outil d’aide à l’atterrissage, grâce auquel Spy’Ranger calcule le meilleur angle d’approche en fonction des conditions climatiques.

 

Et le Spy'Ranger se pose comme une fleur, en partie grâce à son mousse unique (Crédit photo: Nathan Gain)

Et le Spy’Ranger se pose comme une fleur (Crédit photo: Nathan Gain)

 

Spy’Ranger a déjà réalisé huit vols opérationnels pour la Direction Générale de l’Armement (DGA), la STAT (service technique de l’armée de terre) et les forces spéciales dans le cadre d’un appel d’offres pour 210 drones. Les premières démonstrations pour des clients étrangers commencent en septembre.