S’engager sous les cocotiers

Camion promotionnel, nouveau compte Twitter, rénovation du site web, … l’opération séduction de la Légion étrangère bat son plein. Et celle-ci s’exporte désormais à 15 000 km de la métropole à travers l’ouverture d’un bureau de recrutement en Polynésie française, afin de susciter des vocations parmi les 118 îles polynésiennes et, surtout, d’attirer davantage de soldats d’origine française.

 

Les képis blancs du 4e RE  (Crédit photo: Légion étrangère)

Les képis blancs du 4e RE
(Crédit photo: Légion étrangère)

 

Car leur nombre baisse d’année en année pour n’atteindre aujourd’hui que 10% des 9000 soldats du contingent. « Alors que nous avons 150 nationalités, nous recrutons seulement un Français sur 10 légionnaires, » déclarait récemment le général de division Jean Maurin, actuel commandant de la Légion, dans une interview au journal Le Dauphiné. Or, la Légion « a besoin d’un maximum de personnels français pour maintenir l’équilibre avec les populations étrangères », expliquait en avril dernier l’adjudant Alain Rifault du Groupement de recrutement de la Légion.

 

Cette baisse des effectifs francophones, Maurin l’explique avant tout par l’attrait pour d’autres « métiers à risque », comme la police ou les pompiers. De même, « la Légion étrangère est exigeante et nos compatriotes ne sont pas éduqués à la contrainte », a-t-il ajouté.

 

La « valeur combative » des Polynésiens n’est également pas étrangère à cette initiative, explique le lieutenant-colonel Doutey, en charge du Groupement de recrutement de la Légion étrangère. « On sent qu’il y a de vrais potentialités ici. (…) Ce sont des candidats qui nous paraissent faire d’excellents soldats. On connaît leurs capacités physiques, leur ardeur au combat », expliquait-il à La dépêche de Tahiti.

 

Et le gain de temps et d’argent n’est pas des moindre. Les candidats polynésiens devaient jusqu’à présent acheter un billet d’avion pour l’Hexagone afin de passer les épreuves de sélection. Un investissement conséquent et risqué, compte tenu du niveau de difficulté de ces épreuves, que seul un candidat sur huit réussit en moyenne.

 

Les candidats pourront désormais réaliser cette préselection localement puis, s’ils sont admis, signer un contrat d’engagement initial de cinq ans avant de s’envoler, aux frais de l’armée de Terre, vers la France pour y réaliser leur formation. Avis donc aux amateurs: ce bureau est ouvert les mardi et jeudi au sein du camp d’Arue, lieu de casernement du régiment d’infanterie de marine du Pacifique-Polynésie (RIMaP-P).

 

Avec 1300 postes à pourvoir en 2017, l’objectif premier de la Légion reste donc bien le recrutement. Lancé en 2015, son programme de recrutement vise a augmenter les effectifs de 30% afin d’atteindre, à l’horizon 2018, la même envergure qu’elle avait il y a 20 ans.