Pari gagné pour l’accélérateur Generate

Mal interprété, irréaliste, caricatural, l’« esprit startup » reste, à tort, trop souvent synonyme d’échec. Et puis il y a Generate, un incubateur lancé en 2017 par le GICAT et dont le premier bilan se révèle être des plus encourageants. 

 

(Crédit: GICAT)

(Crédit: GICAT)

 

C’est l’un des credos d’Emmanuel Macron: créer un écosystème français dynamique, une « startup nation ». L’idée a depuis résolument dépassé le cadre de l’Élysée pour faire son chemin au sein de la BITDS française et des Armées, devenant notamment l’un des axes de la transformation de la DGA vers une structure plus souple, plus agile. Celle-ci « doit voir loin, anticiper les technologies de rupture, donner sa chance aux idées nouvelles, qu’elles viennent du terrain, de nos laboratoires ou de l’imagination de quelques start-uppers à la coupe non-réglementaire », martelait Florence Parly le 5 juillet 2018 lors d’un discours prononcé en prélude à cette transformation.

 

Ce que Macron et Parly ont demandé, le GICAT l’a fait. Porté par une équipe dynamique, le groupement lançait, en mars 2017 et en partenariat avec Starbust Accelerator, le premier programme d’accompagnement exclusivement dédié au secteur de la défense et de la sécurité. Un écrin de choix pour les jeunes innovateurs de tous horizons, susceptibles de profiter de la visibilité et des connexions du GICAT. Et un pari gagnant pour ce dernier, au vu des premiers chiffres présentés ce matin.

 

En seulement deux ans, Generate aura ainsi capté 23 sociétés, devenant le plus grand accélérateur consacré à la BITDS française. Les 10 premières startups* incubées ont accumulé à elles seules plus de 8M€ de levées de fonds, notamment auprès des Venture Capital d’entreprises du GICAT. Ensemble, elles représentent un chiffre d’affaires global de 4,8M€ « grâce à de beaux contrats remportés (…) en France et à l’international ». De même, la centaine d’employés qu’elles regroupent peut aujourd’hui s’enorgueillir d’avoir remporté sept trophées et prix, tant dans la défense qu’auprès d’organismes civils.

 

Récompensée par le COS, l’équipe d’Internest, pour ne citer qu’elle, compte désormais Airbus, Naval Group, Nexter, ST Aerospace, ou encore Israel Aerospace Industries parmi ses clients. Spécialiste de l’automatisation, la jeune structure a récemment dévoilé une application navale de sa solution, avant de cristalliser un nouveau partenariat avec Skysense, startup américaine proposant des stations de recharge pour drones aériens.

 

À l’instar d’Internest, Aleph, Cerbair, Diodon, et Linkurious ont à leur tour considérablement évolué pour devenir des scale-up ou TPE susceptibles « de rejoindre le GICAT en tant que membre de plein droit ». Quatre autres startups continueront leur développement, toujours soutenues par le dispositif Generate. Seul Sterblue a décidé de recentrer son activité sur le secteur civil.

 

Et la success story continue, avec l’intégration d’une sixième « promotion » de cinq projets innovants. Outre Carfit, Diva Robotics, Olea Innovation et MIM & Tech, Generate accueille dorénavant Franky Zapata. On ne présente plus cet inventeur de talent à l’origine du Fly Board, vedette incontestée du dernier Forum Innovation Défense, organisé en novembre dernier à Paris. Vu le succès engrangé par la formule et la vigueur de l’écosystème français, nul doute que cette pépinière de talents continuera à s’étoffer.

 

 

*Aleph-Networks, Cerbair, Diodon, Internest, Linkurious, Othello, Numalis, Physip, Sterblue et Uniris.