Parés pour les Invictus Games 2017

Parmi les rires et la bonne humeur 30 militaires blessés, vétérans et civils du ministère des Armées ont entrepris leurs derniers entraînements sportifs aujourd’hui au Centre National des Sports de la Défense (CNSD) à Fontainebleau avant de s’envoler demain pour Toronto où ils participeront aux 3ème Invictus Games du 23 au 30 septembre.

crédit photo: Christina Mackenzie

crédit photo: Christina Mackenzie

 

Pour six d’entre eux ce sera leur troisième participation.

Alain Akakpo, 33 ans, civil de la défense, est un de ceux-là. Mais il a aussi participé aux Jeux paralympiques de Londres en 2012 où il s’est placé 4e en saut en longueur. Et aux Jeux mondiaux militaires d’été 2015 d’où il est revenu double médaillé d’or sur 100m et 200m. Il peut donc comparer ces évènements. « Les jeux paralympiques sont le

Alain Akakpo

Alain Akakpo

graal mais ce n’est pas du tout le même entraînement ni le même esprit. Je garde un très bon souvenir des premiers Invictus Games, même peut être meilleur que les paralympiques, car c’est là que j’ai fait mes records. Il y a plus d’ambiance, de fête, de partage. »

Et comme les équipes avec de nombreux athlètes, telle celle de la Grande Bretagne avec plus de 100 ou celle du Canada forte d’environ 80, les 30 français pratiquent la polyvalence, alors Akakpo ne sera pas juste sprinter mais aussi volleyeur.

Tout comme Djamel Mastouri, aujourd’hui agent civil de la Défense, mais ancien sportif de haut niveau de la Défense handisport ainsi que vice-champion de France sur 10 000m en 1992 contre des valides, qui ne participera pas uniquement aux épreuves de demi-fond (1 500m et 400m), mais aussi au volley assis.

Djamel Mastouri (crédit photo: Christina Mackenzie)

Djamel Mastouri (crédit photo: Christina Mackenzie)

Mastouri, dont le bras droit est inutile depuis toujours, a pu entamer son service militaire en tant que sportif de haut niveau et avec le soutien de sa hiérarchie s’est dédié au sport.  « Mes médailles je les dois à l’armée » dit-il. Et des médailles il en a : bronze sur 800m aux Jeux Paralympiques de Pékin 2008, or sur 1 500m aux Jeux mondiaux militaires d’été 2015 et au Invictus Games en 2016 ainsi que l’argent sur 400m. Ah oui, j’avais oublié : il a 45 ans !

Le caporal-chef Francesca Rocca n’avait que 23 ans quand sa mission de déminage d’un engin explosif au Mali s’est mal terminée en 2015 la laissant avec des lésions aux pieds et un stress post-traumatique (SPT). Ses blessures l’ont poussée à délaisser les sports de combat qu’elle pratiquait depuis son enfance et se tourner vers des sports

Francesca Roca (crédit photo: Christina Mackenzie)

Francesca Rocca (crédit photo: Christina Mackenzie)

de puissance. Elle participe à la « force athlétique » ou bench press (la différence d’avec les valides étant que tout le monde est allongé sur le banc : interdit de mettre les pieds par terre) où elle soulève jusqu’à 65kg ; le lancer, où le poids pèse 3kg ; mais aussi le sprint, l’aviron et le volley. « J’ai toujours adoré le sport » m’assure ce petit bout de femme rieuse qui me raconte en rigolant comment est la vie pour les très rares femmes, qui comme elle, sont affectées dans le 6e Régiment du Génie d’Angers. Mais ça c’est une autre histoire !

Rémy Boulle, 29 ans, ancien caporal chef et commando parachutiste de l’air, est paraplégique depuis que ses parachutes se sont emmêlés un jour en 2014. Moins d’un an après sa sortie de l’hôpital il était à Rome en 2016 pour les championnats d’Europe de canoë kayak d’où il a rapporté la médaille d’argent, pour après se classer 5e au Jeux Paralympiques de Rio en 200m canoë kayak. « Notre discipline n’est

Rémy Boulle (crédit photo: Christina Mackenzie)

Rémy Boulle (crédit photo: Christina Mackenzie)

pas comme celle de Tony Estanguet dans des rivières avec des rapides, mais comme l’aviron, en ligne droite sur un plan d’eau stable », me conte-t-il. Comme il n’y a pas encore de canoë kayak aux Invictus Games il participera à l’aviron en salle où il faut parcourir le plus de distance en 1 minute et en 4 minutes.

Le colonel Hervé Piccirillo, commandant du CNSD, assure que l’objectif des Invictus Games n’est pas vraiment de rapporter le plus de médailles possible. « C’est un projet de vie plus que des médailles. L’objectif pour ces athlètes c’est de retrouver un épanouissement personnel, de retrouver une stabilité. » Et comme preuve de « l’engagement total et désintéressé » de l’équipe, elle a pris sous ses ailes Sarah Watson, une vétéran de l’armée australienne dont la mission en Iraq l’a laissée avec un SPT

Sarah Watson (en noir et jaune) à l'entraînement au CNSD à Fontainebleau (credit photo: Christina Mackenzie)

Sarah Watson (en noir et jaune) à l’entraînement au CNSD à Fontainebleau (credit photo: Christina Mackenzie)

sévère. Cette mère de famille, sportive depuis toujours, a suivi son époux pour son travail à Marignane et c’est donc avec l’équipe française qu’elle retrouvera ses co-équipiers australiens à Toronto pour y participer au 1 500m, à la natation et au vélo. « C’est incroyable que j’ai pu passer quelques jours à m’entraîner ici » me dit-elle.

L’avion qui transportera l’équipe fera un détour demain via l’Allemagne pour y récupérer l’équipe allemande. Abord il ne sera pas question des blessures ou des circonstances mais de sports, de camaraderie et de rigolade. C’est ça l’esprit Invictus Games.

 

L'équipe française Invictus Games 2017 (crédit photo: CNSD)

L’équipe française Invictus Games 2017 (crédit photo: CNSD)