L’optimisme retrouvé de l’armée portugaise

À l’image d’un pays renouant avec une croissance ferme, l’armée portugaise affiche un optimisme retrouvé et recommence à investir. Dernier exemple en date : le lancement, le 5 juin, des procédures d’achat de nouveaux systèmes de défense aérienne et d’armements légers au profit de l’armée de terre pour un montant total de 75M€ qui s’inscrit dans le projet de Lisbonne de consacrer 250M€ d’ici 2018 pour la modernisation de ses forces armées.

 

(Crédit: Exército Português)

(Crédit: Exército Português)

 

« Compte tenu de la nature, des caractéristiques, et de la complexité » de ces deux programmes, ceux-ci seront exécutés par l’entremise de l’Agence OTAN de soutien et d’acquisition (NSPA). Initiée en 2010 en marge du sommet OTAN de… Lisbonne et basée au Grand-Duché de Luxembourg, la NSPA est missionnée par les 29 États-membres de l’Alliance pour négocier et conclure des contrats d’acquisition de systèmes en assurant un « bon rapport coût-efficacité », explique l’agence sur son site web.

 

D’ici 2026, le ministère de la Défense entend donc doter ses forces terrestres de huit nouveaux terminaux de commandement et de contrôle, deux radars de détection rapprochée, huit systèmes de missiles de défense aérienne montés sur des véhicules blindés légers ou moyens, et de huit véhicules tactiques blindés supplémentaires. Le tout, pour un budget de 32M€, permettra de remplacer les systèmes de défense aérienne MIM-72 Chaparral en service depuis 1989 au sein de l’armée portugaise.

 

Le ministère de la Défense envisage également l’achat de « 11 000 fusils (5.56 mm), 300 fusils d’assaut (7.62 mm), 830 mitrailleuses légères, 320 mitrailleuses moyennes, 450 fusils de précision, 1700 lance-grenades, 380 fusils à pompe, 3400 systèmes de visée » pour un budget total de 42,8M€. Ces armes remplaceront entre autres un panachage de fusils d’assaut HK G3, de mitrailleuses HK 21 et de fusils à pompe Mossberg 590A1 ayant vécu les guerres d’indépendance en Angola, en Guinée-Bissau et au Mozambique entre 1961 et 1974.

Taux de chômage en baisse, déficit public « record » de 2% (contre 3,4% pour la France), croissance estimée à 1,8% en 2017 : Lisbonne a définitivement tourné la page de la crise financière de 2008. Un vent d’optimisme qui expliquerait en partie la présence du Portugal au sein du club des des pays européens ayant adopté un ambitieux plan d’investissements en matière d’armements. Le budget de défense portugais a donc timidement progressé de 0,3% par rapport à l’exercice précédent pour atteindre 2,14Md€ en 2017.