Les 17 premiers projets PESCO adoptés

Les ministres de la Défense de vingt-cinq pays européens* ont tenu hier une première réunion au format « PESCO », adoptant au passage la feuille de route confirmant les 17 premiers projets collaboratifs initiés en décembre 2017 et destinés à combler certaines déficiences touchant les armées européennes. « Un moment historique », déclarait hier la haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini, et qui donne à Londres, exclu du processus de décision, un avant-goût de sa sortie de l’Union européenne.

 

25 pays ont officiellemen t enterinés les 17 premiers projets de défense conjoints lors d'un première réunion sous format "PESCO" (Crédit photo: Agence européenne de défense)

25 pays européens ont officiellement entériné 17 projets de défense conjoints lors d’une première réunion sous format « PESCO » (Crédit photo: Agence européenne de défense)

 

Après 16 ans de balbutiement, la PESCO prend enfin forme avec pour objectif de renforcer la coopération européenne en matière de défense. La feuille de route approuvée hier définit une direction et des orientations stratégiques sur la manière de structurer les travaux supplémentaires tant sur les procédures que sur la gouvernance. Elle fixe également le calendrier des futurs projets conjoints. Ainsi, une nouvelle vague de propositions, probablement au nombre de cinq, sera étudiée à partir de mai en vue de leur ratification en novembre prochain. Il faudra néanmoins s’armer de patience, la définition des règles de gouvernance des différents programmes n’étant prévue que pour juin.

 

Bien qu’étant purement intergouvernementale, la PESCO sera partiellement soutenue par le futur Fond européen de défense, annoncé par la Commission européenne en juin 2017. Grâce aux 5,5Md€ de budget annuel prévus à partir de 2020, ce fond est notamment appelé à soutenir les acquisitions et les programmes de développement communs, tels que ceux adoptés hier.

 

Quid de la France ? Sa contribution passe de quatre à huit projets, dont deux qu’elle dirigera dans les domaines des plateformes radios et de l’énergie. Florence Parly, malgré une absence remarquée, avait rappelé son engagement envers la PESCO lors de la conférence de Munich le mois dernier, parlant d’ « avancées majeures » et d’un « outil, qu’après avoir élargi, nous devons à présent approfondir ».

 

Par ailleurs, les 25 ministres ont reporté à la fin de l’année toute décision concernant l’introduction de pays tiers dans les futurs projets conjoints, un mécanisme attendu jusqu’alors pour fin juin. De fait, les ministres européens souhaiteraient attendre la progression des négociations avec la Grande-Bretagne avant de statuer, étant donné le caractère délicat de la coopération militaire avec Londres.

 

Fermement opposé à tout projet d’intégration européenne dans le domaine militaire, le Royaume-Uni craint désormais d’être totalement exclu du pacte de coopération et, de facto, des programmes d’armement conjoints. De quoi expliquer le forcing de la Première ministre Theresa May, qui espère la signature d’un traité bilatéral de sécurité avec l’Europe pour 2019. « Il n’y a aucune raison pour que nous ne puissions pas convenir d’accords distincts pour notre coopération en matière de politique étrangère et de défense », avait-elle rappelé lors de la conférence de Munich.

 

 

 

*Les exceptions sont le Danemark, qui dispose d’une exemption en matière de défense, le Royaume-Uni, engagé dans le Brexit, et Malte.