DSEI 2019: Le Serval débute les qualifications industrielles

Le VBMR Léger Serval exposé au salon londonien DSEI

Le VBMR Léger Serval exposé au salon londonien DSEI

 

Comme annoncé par le magazine spécialisé Jane’s, le premier prototype de VBMR léger Serval arpente depuis quelques semaines les pistes d’essai du site Nexter de Satory. Cette première phase des qualifications industrielles intervient à l’heure où les deux industriels du GME, Nexter et Texelis, commencent à affûter leur argumentaire commercial en vue du marché export.

 

Destiné à remplacer une partie des VAB usés jusqu’à la corde, le Serval répondra « au besoin d’engagement des unités de combat dans les phases initiales d’une opération, » nous expliquait l’an dernier Patrice Randrianangaly, Directeur programme VBMR léger pour Nexter Systems. La LPM 2019-2025 prévoit l’acquisition de 489 Serval, l’objectif étant de doter l’armée de Terre de 978 exemplaires à l’horizon 2030. Les livraisons en série démarrera en 2022. Au total, 2038 véhicules devraient être produits sur la durée du programme. Un chiffre conséquent pour Texelis, pour qui Serval devrait représenter en moyenne 20% du chiffre d’affaires annuel. Pour l’industriel de Limoges, le développement et la production du volet mobilité se traduit en outre par l’engagement de 30 à 40 employés supplémentaires.

 

En attendant la notification des commandes, les deux industriels en charge du programme ne ménagent par leurs efforts pour qu’un premier véhicule puisse être présenté l’an prochain à l’occasion du salon Eurosatory. « La phase de développement, entamée deux ans avant la notification du programme, est aujourd’hui très avancée, » nous annonce Jean Vandel, Directeur du développement de Texelis, au salon de défense londonien DSEI. Le Serval est désormais un produit « abouti » entré depuis peu dans une phase d’essais fonctionnels et de durabilité. « Le véhicule est très performant, extrêmement confortable. Nous sommes surtout en train d’effectuer des réglages, » précise Vandel. Cette étape est pour l’instant limitée au seul volet mobilité, donc à l’évaluation de la solution fournie par Texelis et « du comportement de l’ensemble de la plateforme sur différentes pentes, sur différents terrains, » précise-t-on du côté de Nexter. Le châssis n’est donc pas le seul à être éprouvé, la caisse fait elle aussi partie intégrante de ce premier palier. « Dans une période ultérieure, les équipements vont venir se greffer et nous pourrons alors tester le véhicule dans sa complexité, tout d’abord sur les variantes principales que sont le transport de troupe [VPB] et le poste de commandement, » explique Nexter.

 

Loin des pistes d’essais, les équipes commerciales du GME Nexter-Texelis planchent déjà activement à l’élaboration d’une offre pour le marché export. Quand Texelis prévoit de divulguer une version exportable de sa solution de mobilité durant Eurosatory 2020, Nexter attend patiemment la matérialisation d’une plateforme suffisamment mature pour pouvoir être présentée aux clients potentiels. « Nous penserons à l’exporter dès lors que les premiers exemplaires seront livrés à la France, » tempère le systémier-intégrateur versaillais. Ce dernier restera discret sur les marchés visés, se contenant de mentionner prudemment la Belgique, où l’architecture du programme CaMo présuppose l’intégration de futures capacités « Scorpionisées ». « Ce sont des sujets qui ne sont qu’évoqués, il n’y a rien absolument rien de décidé pour l’instant, » souligne Nexter.

 

S’il faudra faire preuve de patience, la force de frappe du Serval à l’export devrait être considérable. « Le marché du 4×4 est en expansion. Les grands marchés 8×8 et 6×6 sont pratiquement tous derrière nous. Ne restent que l’artillerie, notamment le 155 mm, et les véhicules 4×4, » estime Nexter. Ce dernier s’apprête à affronter l’extrême concurrence d’un segment dans lequel il ne s’était historiquement pas positionné. Du véhicule tactique ultra léger aux plateformes plutôt « lourdes » auxquelles appartient le Serval, l’offre de 4×4 est de loin la plus dense à l’heure actuelle. Nexter commence malgré tout à entrevoir un réel potentiel en dehors du seul marché français, mais ne pourra vendre le Serval tout de suite, « à part en gré à gré, comme vécu avec la vente de Jaguar et de Griffon avec la Belgique ». La patience est un élément clé de la réussite, déclarait un certain Bill Gates. Le GME devra maintenant mettre ce dicton en application en l’attente des premières démonstrations devant les prospects identifiés.