Thales dévoile son radar Ground Fire

Un nouveau membre rejoindra peut-être la grande famille des radars terrestres de défense aérienne de Thales. Si le « Ground Fire » n’est encore qu’un concept, Thales a confirmé avoir entamé des discussions en France avec le ministère des Armées afin d’en déterminer l’intérêt et les usages potentiels. 

 

Voici à quoi ressemblera le futur radar Ground Fire de Thales (Crédit: Thales)

Voici à quoi ressemblera le futur radar Ground Fire de Thales (Crédit: Thales)

 

Dévoilé mercredi 31 mai à l’occasion d’un voyage de presse, le système « Ground Fire » est le pendant terrestre du radar à antenne active Sea Fire conçu pour les futures Frégates de Taille Intermédiaire (FTI) de la Marine nationale. Mais contrairement au Sea Fire et à ses quatre panneaux fixes, le Ground Fire sera constitué d’une unique antenne radar mobile montée sur camion.

 

Entièrement numérique, le radar Ground Fire est conçu pour simultanément détecter et suivre un vaste éventail de cibles, tels que les missiles balistiques, à 360° et dans un rayon de 400 km. D’après Thales, le Ground Fire pourra en outre guider un missile de défense anti-aérienne, comme l’Aster en usage dans l’armée de l’Air, sur une cible manoeuvrante. Très compact et déployable en 10/15 minutes, le Ground Fire sera extrêmement mobile et aérotransportable.

 

Si le Ground Fire est toujours à l’étape conceptuelle, la production des premiers éléments du radar Sea Fire, par contre, a d’ores et déjà commencé au sein du site rouennais de Thales. Un premier prototype prendra forme d’ici deux mois sur le site de Limours en vue d’une phase d’essais sur un panneau complet à la mi-2018.

 

Tant le Ground Fire que le Sea Fire correspondent au besoin d’élaborer une nouvelle génération de radars multifonctions et modulaires combinant un matériel commun et un logiciel à architecture ouverte. En d’autres termes, « un smartphone sur lequel on ajouterait des applications en fonction du besoin », nous expliquait Gaston Marcantoni, directeur des radars de surface multifonctions chez Thales. Ces radars seront donc constitués de modules d’émetteurs/récepteurs identiques, facilitant de facto les phases de production et de maintenance, dans lesquels Thales pourra intégrer ou modifier des missions spécifiques. Une politique de standardisation qui permet également au radariste d’adapter le nombre de modules pour augmenter ou diminuer la puissance du radar en fonction des besoins de l’utilisateur.

 

C’est une logique issue du programme « Strong Product Policy » lancé en 2005 par Thales pour réduire drastiquement le nombre d’éléments constitutifs d’un radar. En l’espace d’une décennie, Thales est ainsi parvenu à passer de 50 unités différentes pour le radar Arabel installé sur le Charles de Gaulle, à seulement trois éléments pour le Ground Fire.

 

Parce que Thales utilise rarement l’innovation au singulier, la famille « Fire » sera produite selon les préceptes du concept tout aussi innovant de « Factory 4.0 ». Lancé en Allemagne au début des années 2000, ce processus de production innovant repose sur l’inter-connectivité entre les robots constitutifs d’une chaîne de production. « Nous avons été obligés de revoir en profondeur notre façon de travailler », admet Marc Fiolin, directeur du site Thales de Rouen, car pour répondre à une demande croissante, « il n’y a pas d’autres solutions que d’apporter des améliorations ». La première unité de ce type, qualifiée d’ici la fin 2017, sera installée au Maroc, conclut Fiolin.