L’AED explore la piste de l’impression 3D

Longtemps perçue comme un gadget, l’impression 3D pourrait conduire, selon certains spécialistes, à un bouleversement radical en matière d’ingénierie industrielle. En tant qu’élément fédérateur de la défense européenne, l’Agence européenne de défense (AED) s’est donc naturellement penchée à son tour sur la question, à travers le lancement d’une étude qui évaluera l’utilisation de l’impression 3D dans l’industrie de défense européenne.

 

De la maquette au champ de bataille, il n'y qu'un pas que l'AED cherche à franchir (Crédit photo: Shannon Randall, Tactical School, Gagetown)

De la maquette au champ de bataille, il n’y qu’un pas que l’AED cherche à franchir (Crédit photo: Shannon Randall, Tactical School, Gagetown)

 

Maîtrisée depuis les années 1980, l’impression 3D est longtemps restée une technologie anecdotique. Depuis le début de la décennie, elle bénéficie d’un regain d’intérêt qui s’expliquerait en partie par l’expiration des brevets qui en limitaient jusqu’alors l’usage, ouvrant la voie à une amélioration de la qualité et à la diminution des coûts de production. L’ampleur des implications en matière de défense reste difficile à déterminer, mais quelques scénarios futuristes évoquent déjà la possibilité d’emporter une imprimante miniaturisée au cœur du champ de bataille, permettant au soldat d’imprimer en direct et selon le besoin des munitions, pansements, etc… loin des chaînes de production des usines d’armement.

 

L’objectif affiché par l’AED est de définir et d’étudier « les secteurs où la fabrication additive [aka l’impression 3D] peut avoir un impact positif sur les capacités de défense et de démontrer sa faisabilité », explique l’Agence dans un communiqué. L’AED sera soutenue dans sa tâche par le centre de recherche espagnol « Fundación Prodintec », basé à Gijón et spécialisé dans le design et la production industrielle, et la filiale française de MBDA, que nous ne vous présentons plus. Le choix de MBDA n’est sans doute pas anodin, celui-ci étant l’un des pionniers européens en matière d’impression 3D. Le missilier européen « imprime » déjà certains composants mineurs de sa gamme de missiles sur son site italien de Fusaro.

 

La première étape de ce projet unique en Europe consistera à placer cette technologie et son potentiel dans un contexte de défense. L’AED et ses partenaires feront l’état des lieux de l’impression 3D en Europe, tant en matière de recherche et de technologies qu’en terme de production, afin de mieux déterminer les secteurs dans lesquels des recherches supplémentaires seraient nécessaires.

 

Dans un second temps, le trio réalisera une démonstration au départ d’une imprimante 3D déployée lors d’un exercice du Commandement européen du transport aérien (EATC) organisé prochainement à Saragosse (Espagne). Une étape que l’AED estime essentielle pour « combler le manque de données sur les performances de l’impression 3D lors d’un déploiement et démontrera l’intérêt opérationnel de ces technologies » et qui sera suivie d’une présentation générale des résultats de l’étude.