La STAT relance l’idée d’un ballon captif relais pour l’ALAT

Un ballon captif Mortagne déployé par le 11e RAMa en avril dernier sur la base opérationnelle avancée tactique [BOAT] à Gossi

Un ballon captif Mortagne déployé par le 11e RAMa en avril dernier sur la base opérationnelle avancée tactique [BOAT] à Gossi

Utiliser des ballons captifs comme relais de communication pour les opérations d’aérocombat ? L’idée, expérimentée l’an dernier à petite échelle par l’ALAT, sera bientôt l’objet d’une l’évaluation tactique menée par la STAT et baptisée « ATLANTE-ALAT », révèle un document publié ce matin. 

 

Difficile, lorsque le cahier des charges de la STAT évoque « des terrains étendus », de ne pas penser à l’environnement dans lequel évoluent les hélicoptères déployés pour l’opération Barkhane. Du Tchad à la Mauritanie, la vingtaine d’hélicoptères du Groupement tactique désert aérocombat (GTD-A) (Tigre, Gazelle, Caïman, Cougar et Chinook britanniques) opèrent au sein d’un territoire grand comme l’Europe et pratiquement dépourvu d’infrastructures de communications.Les Armées sont dès lors sans cesse à la recherche d’innovations susceptibles de soutenir l’élongation et la flexibilité des troupes engagées sans accroître leur empreinte logistique. Les dispositifs réutilisables donc économiques, compacts donc transportables sont privilégiés, à l’image du ballon captif T-C60 d’A-NSE testé l’an lors de l’exercice d’aérocombat BACCARAT 2018. Déployé par la 4ème compagnie de commandement et de transmissions (4e CCT) de la 4e brigade d’aérocombat (4e BAC), le ballon avait alors emporté un poste radio PR4G à 300 mètres d’altitude, permettant des liaisons jusqu’à 170 km de distance.

 

Un an plus tard, l’intérêt pour ce type de solution semble ne pas avoir faibli. Bien au contraire, la STAT projette désormais « l’évaluation de relayage radio qui permette les communications sur de longues distances » entre un poste de commandement et un appareil en vol, ou entre deux unités en vol. Une fois intégré au ballon captif, ce relais de communication devra être en mesure « d’accroître la portée d’une station radio, voire d’un relais radio de la gamme VHF et UHF/VHF MA (…) ». Les postes radios évoqués sont de type « poste 362 amplifié, TRTP 17, PRC 117, » précise l’annonce. Ils pourront soit être directement disposés sous le ballon, soit positionnés au sol et raccordés à une antenne fixée sur le ballon. Cette nouvelle EVTA sera répartie sur quatre périodes d’une semaine et sera entièrement réalisée sur le territoire métropolitain en coopération avec une unité de la 4e BAC, probablement à nouveau la 4e CCT.

 

Selon la STAT, le ballon captif devra évoluer à une altitude comprise entre 600 et 1000 mètres pour s’affranchir des éléments de relief et optimiser la portée du relais. Si cette altitude confère en outre au système un niveau de sécurité appréciable, la STAT requiert néanmoins que le ballon puisse rester opérationnel au minimum 4h malgré une avarie due à des tirs à l’arme légère d’infanterie (ALI). Le système proposé devra par ailleurs conserver une capacité de surveillance de zone simultanée grâce à un capteur optique doté de visions jour et infrarouge. Tant le ballon que sa station d’accueil devront pouvoir être transportés par véhicule et hélicoptère Cougar et Caïman.

 

D’autre part, la STAT a fixé le temps de mise en oeuvre du système à un maximum de 60 minutes. Une contrainte qui, une fois liée à celle de l’altitude minimale, devrait donner du fil à retordre aux quelques industriels français potentiellement intéressés. De fait, les ballons susceptibles d’atteindre l’altitude requise présentent un volume tel que la phase de gonflage de l’enveloppe s’en retrouve considérablement rallongée. Ainsi, quand les modèles Condor et Eagle Owl de l’entreprise occitane Airstar Aerospace atteignent les altitudes requises par l’EVTA, leur déploiement nécessite de trois à huit opérateurs sur une durée de quatre heures. D’autres grands acteurs du secteur, tels que Musthane ou A-NSE, ne détaillent pas ces paramètres sur leur site Internet respectif. Les industriels intéressés ont jusqu’au 29 octobre pour soumettre leur offre.