La défense européenne dans le collimateur du Sénat

Doit-on parler d’Europe de la défense, de défense européenne, ou encore de défense de l’Union Européenne ? Cette question, une parmi tant d’autres, sera au coeur d’un nouveau rapport d’information du Sénat attendu pour juin prochain. Un processus dans lequel la sénatrice et co-rapporteure Hélène Conway-Mouret (PS) a décidé d’intégrer quelques blogs de défense.

 

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Cette démarche inédite entend « établir une réflexion globale autour de ce que vous entendez par la terminologie de ‘défense européenne’ », expliquait ce mardi la sénatrice Conway-Mouret lors d’un petit-déjeuner débat au Sénat. Mais la démarche se veut bilatérale et vise aussi à « partager la vision des sénateurs concernant la défense européenne ». Une vision qui « peut très bien être différente de celle du président de la République », ajoute-t-elle en entame d’un exercice d’ouverture apprécié des médias alternatifs.

 

La remontée en puissance des budgets de défense, les frictions avec la Russie, l’élection de Donald Trump et l’apparition de nouveaux dispositifs européens (CSP, IEI, etc.) avaient en effet rendu nécessaire la refonte des réflexions développées dans le dernier rapport d’information sénatorial consacré à ce sujet, daté de… 2013. Preuve si l’en est de l’urgence de renouveler le débat, deux administrateurs ont été détachés sur ce rapport, « une démarche plutôt rare qui démontre l’intérêt croissant de l’Etat français pour ces questions de défense européenne », précise la sénatrice.

 

Résolument multi-facettes, ce rapport couvrira autant les volets capacitaire, qu’industriel et politique. Outre l’épineuse question du Brexit, la notion d’« armée européenne », notamment, sera au centre des réflexions. Lancée par Emmanuel Macron en novembre 2018, cette idée semble avoir surtout fait office de « test » destiné à faire réagir les partenaires européens. Imprécise donc, forcément, mal comprise, cette notion a rapidement disparu des discours postérieurs d’Emmanuel Macron. Il aura fallu attendre le 31 janvier et un entretien accordé par la ministre des Armées, Florence Parly, à l’AFP pour y voir un peu plus clair. « L’expression armée européenne est une image utilisée par le président Macron pour mieux faire comprendre ce que l’Union européenne fait pour sa défense », avait-t-elle alors déclaré.

 

Durant six mois, les sénateurs réaliseront une soixantaine d’auditions avec un objectif clair: « balayer l’ensemble des problématiques et définir comment la France peut être force de proposition ». Cinq déplacements sont programmés à travers toute l’Union européenne, de La Haye à Rome, en passant par Berlin, Londres et Bruxelles.  Un calendrier aussi dense qu’ambitieux et qui sera ponctué, au fur et à mesure des déplacements et auditions, de débriefings réguliers à destination de la presse. Le prochain point aura lieu le 5 mars.

 

Affaire à suivre donc.