Enfin une cure de jouvence pour les Challenger 2 britanniques?

Moderniser ou remplacer, tel est le dilemne face auquel de trop nombreuses armées modernes se retrouvent confrontées en ces temps d’économies (forcées). Un choix cornélien qui n’épargne personne, mêmes les plus grandes armées actuelles ; à l’image d’une armée britannique sur le point de déterminer l’avenir de son parc de chars Challenger 2. Face à un programme d’achat jugé économiquement inenvisageable, le ministère de la défense britannique semble en effet s’être résolument tourné vers ce qui semble avoir toujours été son plan A, à savoir la prolongation de la durée de vie des Challenger. La date de sortie de service de ceux-ci devrait donc être déplacée de 2025 à 2035.

 

Les Challenger 2 devraient enfin faire l'objet d'un programme de modernisation visant à étendre leur durée de vie jusqu'à l'horizon 2035

Les Challenger 2 devraient enfin faire l’objet d’un programme de modernisation visant à étendre leur durée de vie jusqu’à l’horizon 2035

 

« Toutes les options, allant de ne rien faire du tout à l’achat d’un nouveau tank, ont été étudiées durant la phase de concept du projet « CR2 Life Extension Project ». En l’état, il est très peu probable que l’armée [britannique] choisisse la solution consistant en la fabrication et l’achat d’un nouveau char de combat. Une décision définitive sera bientôt prise concernant les Challenger 2, et la phase d’évaluation du projet « CR2 LEP » devrait en conséquence commencer début 2016, » a récemment déclaré un porte-parole du ministère de la défense britannique.

 

Les Challenger 2 britanniques ont été mis à l’écart dés 2010, s’en suivirent une diminution drastique du parc opérationnels et des capacités atrophiées. L’avenir des chars Challenger est revenu sur le devant de la scène suite à la ré-émergence de la Russie en tant que menace stratégique et au dévoilement du char T-14 Armata lors du défilé de la Victoire d’avril dernier, à Moscou.

 

Face au contexte sécuritaire incertain, le programme « LEP » a donc été remis sur les rails, le ministère de la défense britannique ayant officialisé une première RFI auxquels les « grands » de l’industrie de défense, tels BAE Systems, Lockheed Martin UK ou KMW, n’ont pas tardé à répondre.

 

L’heure est en effet à l’urgence, de nombreux officiers britanniques préconisant un effort global afin de chercher des solutions face à l’obsolescence croissante des 227 chars Challengers en service à l’heure actuelle. Les préoccupations portent entre autres sur l’efficacité du canon L30A1 de 120mm, « l’apparition du T-14 Armata a eu un impact significatif, l’analyse de l’armure et des systèmes d’autodéfense du nouveau char russe semblant suggérer que le canon du Challenger se révèlerait inefficace en cas de confrontation, » précise en effet un officier britannique.

 

L’exemple du canon n’est qu’un problème parmi tant d’autres démontrant que « le Challenger 2 prend de l’âge, » rappelait durant le salon DSEI 2015 le patron des forces terrestres britanniques, Sir Nick Carter. « Nous avons effectivement des problèmes avec le [Challenger], nous avons en ce moment-même et il ne fait aucun doute que si nous ne faisons pas quelque chose à ce sujet, l’obsolescence qui en découle rendra son utilisation impossible, » a-t-il précisé durant DSEI. L’année 2016 devrait donc être déterminante pour le Challenger 2, dont la carrière opérationnelle a commencé en 1998.

 

Rappelons que le projet « CR2 LEP » n’est « que » l’un des nombreux programmes lancés par l’armée britannique pour améliorer les capacités de son parc blindé. En outre, le ministère de la Défense britannique semble focaliser ses priorités sur d’autres plateformes, tel le programme « Mechanised Infantry Vehicle » (ou Véhicule d’Infanterie Mécanisée) visant à doter l’armée britannique d’un nouveau véhicule 8×8. Un programme majeur qui devrait démarrer dés l’année prochaine, et dans lequel l’industrie de défense française s’est déjà discrètement illustrée, les Britanniques s’étant apparemment déjà intéressés de près au fameux VBCI en usage dans l’armée française.