Enfin un aérostat pour protéger Camp Castor ?

Après les fusils anti-drones et les systèmes d’alarme fournis par le néerlandais Bavak, l’Allemagne annonce – enfin – le déploiement prochain d’un aérostat de surveillance pour renforcer la bulle de protection autour de Camp Castor, à Gao (Mali).

 

Camp Castor, Gao, Mali (Crédit: Bundeswehr/Marc Tessensohn)

Camp Castor, Gao, Mali (Crédit: Bundeswehr/Marc Tessensohn)

 

Selon une RFI publiée hier, l’objectif de la Bundeswehr sera de conclure « un contrat de service de deux ans pour la fourniture d’un ballon de surveillance ». Ce ballon devra fournir une capacité de surveillance de jour comme de nuit et dans des conditions de visibilité réduite dans un rayon de 25 km autour de Camp Castor. De plus, l’industriel sélectionné devra lui-même assurer la livraison et le MCO sur site, avec toutes les contraintes de sécurisation des systèmes et infrastructures que cela implique. Le système sera quant à lui intégralement opéré par les soldats allemands, précise l’annonce. Ce contrat couvrira une période de deux ans, de septembre 2019 à décembre 2021, ce qui a le mérite de préciser – au conditionnel – le calendrier opérationnel de la Bundeswehr dans la bande sahélo-saharienne. La limite de remise des offres est fixée au 11 mars.

 

Berlin étudie l’intégration d’un « blimp » dans son dispositif malien depuis février 2017. Washington avait alors fourni une série d’options, dont le rachat d’aérostats de seconde main produits par Lockheed Martin et utilisés par l’armée américaine sur le théâtre afghan. Espérée pour 2019 ou 2020, cette acquisition avait ensuite été mise en frigo jusqu’en 2022, révélait l’armée allemande en avril dernier. Dans l’intervalle, celle-ci avait en effet privilégié des solutions intermédiaires statiques, à savoir l’érection d’un mât de 18 mètres en janvier 2018, suivie quelques mois plus tard par une tour de surveillance de 30 mètres bardée de capteurs. Il semblerait que la dégradation de la situation sécuritaire dans le centre du Mali ait finalement eu raison de la frilosité allemande.

 

Légers, faciles à transporter et rapidement déployables, les aérostats de surveillance peuvent être équipées de plusieurs capteurs rapidement échangeables afin de remplir différents types de missions. Un système de ce type a par ailleurs déjà été déployé en 2015 au Mali pour protéger la base onusienne de Kidal. L’aérostat, exploité en coopération avec Thales, était alors un modèle TC-350 de la société française A-NSE (Aero-Nautic Services & Engineering). Plus récemment, les forces armées nigériennes ont à leur tour acquis « plusieurs » aérostats T-C60 conçus par la PME varoise. « Tractable en opération (à une vitesse de 45 km/h alors que le ballon est à 400m de haut) et capable de résister à des conditions climatiques sévères, le T-C60 est spécialement conçu pour être opéré en bande sahélo-saharienne, où la société capitalise sur l’expérience du déploiement de plusieurs systèmes », expliquait l’industriel.