CEMA: 2% du PIB en 2022 pour la défense

Le général Pierre de Villiers, chef d'état major des armées (Crédit photo: sa page Facebook)

Le général Pierre de Villiers, chef d’état major des armées (Crédit photo: sa page Facebook)

La France jouit de belles armées professionnelles « respectées par nos alliés et craintes par nos adversaires », qui doivent être maintenues «  dans le peloton de tête mondial, (…) c’est pourquoi je vous demande de porter l’effort de défense à 2 % du PIB pour 2022 et non pas pour 2025 », a plaidé le chef d’état major des armées (CEMA) devant la Commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale.

Lors de son audition du 8 février, dont le compte rendu a été publié il y a quelques jours, le général Pierre de Villiers explique qu’il y a deux ans il était envisageable de porter cette effort en 2025 mais « malheureusement, le contexte a changé. » N’hésitant pas a « appeler un chat un chat » il donna des chiffres : « pour atteindre l’objectif de 2 % du PIB en 2022, l’effort à consentir est globalement de deux milliards par an, soit 35,5 milliards d’euros constants en 2018, 37,5 milliards en 2019 et 39,5 milliards en 2020. »

Conscient qu’il parlait quelques semaines seulement avant le premier tour de l’élection présidentielle française, le CEMA insista «  pour ceux qui croient que nous pourrions encore réaliser des économies » que les armées sont en « pleine reforme (…) sans discontinuer depuis 2008 (…) dans le plus grand silence ». Il ajouta que ces réformes impliquent « la totalité des composantes de nos armées, directions et services – états-majors, (…) formation, soutien – avec des efforts tous azimuts en termes de gouvernance, de rationalisation ou de simplification. » Et avec sa franchise habituelle il déclara : « on a déjà donné, pour ne pas dire qu’on a déjà tout donné. »

Dans la perspective de porter le budget de la défense à 2 % du PIB, « une augmentation de 600 personnes est prévue pour la période 2014-2019 au titre de la cyberdéfense. » Le CEMA nota que « sans cet accroissement, nous décrocherions. » D’après lui la France est capable dans ce domaine non seulement de se protéger « mais aussi de riposter ». Contrairement, néanmoins, à ce qui a pu être dit dans le passé « ce serait une erreur de vouloir créer une quatrième armée du soutien, une quatrième armée des forces spéciales, une quatrième armée de la cyberdéfense » dit-il. Le général expliqua aux députés que le cyber est «  un milieu totalement transverse : il est présent partout, dans chacun des trois milieux classiques et au-delà. La cyberdéfense concerne donc les trois armées et ce sont elles qui fournissent d’ores et déjà le personnel qui agit dans l’espace numérique. »