Bruxelles, Amsterdam et Copenhague unifient leurs forces spéciales

L’heure est plus que jamais à la mutualisation des moyens militaires en Europe. Dernier exemple en date : la signature par la Belgique, les Pays-Bas et le Danemark d’une lettre d’intention pour la création d’un nouvel organe de commandement conjoint. Baptisée « Composite Special Operations Component » (C-SOCC), cette structure servira de quartier général indépendant pour coordonner les forces spéciales des trois pays. « Il s’agit d’une contribution importante à une […] lacune capacitaire livrée à l’OTAN », déclarait le ministre de la Défense belge, Steven Vandeput, dans un communiqué.

 

Les ministres de la défense des Pays-Bas, du Danemark et de la Belgique lors de la cérémonie de signature de la LOI pour la création du C-SOCC (Crédit: ministère de la Défense belge)

Les ministres de la défense des Pays-Bas, du Danemark et de la Belgique lors de la cérémonie de signature de la LOI pour la création du C-SOCC (Crédit: ministère de la Défense belge)

 

Cette nouvelle structure offrira une capacité « command & control » aux forces spéciales, devra être expéditionnaire et contribuera au renforcement de la Force de réaction de l’OTAN (NRF), « régulièrement en pénurie », déplore Steven Vandeput. Il existe en effet un « important déficit au niveau européen et tant l’UE que l’OTAN considèrent les SOF comme une priorité », expliquait Steven Vandeput dans la « Vision stratégique » pour la Défense à l’horizon 2030, publiée le 29 juin 2016. Si le communiqué n’évoque pas de chiffres, Bruxelles, Copenhague et Amsterdam contribueront chacun à un tiers de l’initiative. La Belgique y participera au départ du Special Operations Command (SOCOM), future structure nationale de mise en condition des SOF belges.

 

Outre le cas du C-SOCC, la Belgique renforcera son ancrage capacitaire européen au travers du déploiement permanent d’un détachement d’instructeurs au sein de l’International Special Training Center (ISTC) de Pfullendorf, dans le sud de l’Allemagne. Les instructeurs belges y opéreront en collaboration avec leurs homologues allemands, américains, danois, grecs, italiens néerlandais, norvégiens et turcs. Plus encore, Bruxelles envisage la possibilité de « renforcer structurellement la bonne coopération avec les Special Forces allemandes, américaines et françaises », précise la « Vision Stratégique » sans donner davantage de détails.

 

Le Special Forces Group belge (Crédit: ministère de la Défense belge)

Le Special Forces Group belge (Crédit: ministère de la Défense belge)

 

La revalorisation du potentiel SOF est au cœur de la « Vision Stratégique » belge. Ce plan prévoit notamment la refonte complète des capacités « forces spéciales » belges, constituées à terme d’un noyau de Special Forces (225 militaires) lui-même soutenu par un Special Forces Support Group composé de deux bataillons de Rangers (954 militaires au total).