Belgique: la Brigade Médiane entame sa mue

Avant de changer de structure, la Brigade Médiane de la Composante terre belge a changé de patron. Le 27 mars, le colonel BEM Jean-Louis Crucifix est en effet devenu le 4e et dernier commandant de cette unité majeure, pour laquelle le « Scorpion belge » représente « un bond technologique et intellectuel très important et très intéressant », nous a-t-il expliqué.

 

Le colonel Jean Louis Crucifix, nouveau patron de la Brigade Médiane, accompagné du général-major Marc Thys (gauche), chef de la Composante Terre

Le colonel Jean Louis Crucifix, nouveau patron de la Brigade Médiane, accompagné du général-major Marc Thys (gauche), chef de la Composante Terre

 

Ancien commandant du Bataillon 12/13 de Ligne et chef d’état-major de la Composante Terre depuis juin 2016, le colonel Crucifix succède donc au colonel Éric Harvent pour mener à bien la phase de transition vers une « Brigade Motorisée » interarmes. Transition notamment construite autour « d’un véritable partenariat avec les unités françaises », affirme le colonel Crucifix.

 

« Il s’agira de vivre ensemble, de s’entraîner ensemble, et surtout de penser ensemble », ajoute-t-il. Le moment venu, la future Brigade Motorisée et son unité sœur, la 7e Brigade Blindée française, seront appelées à opérer de concert. Pour le nouveau pacha de la Brigade Médiane, « cela passe par des études communes, (…) par un rééquipement commun, et (…) par des sessions d’entraînement communes ». Un détachement du 3e régiment du génie de Charleville-Mézières était d’ailleurs présent lors de la cérémonie pour symboliser l’avenir commun des deux unités.

 

La Brigade Motorisée est de fait la principale bénéficiaire du programme CAMO, qui envisage entre autre le remplacement des Piranha III et Dingo 2 par 417 VBMR Griffon et 60 EBRC Jaguar. Un contrat évalué à 1,1Md€ et dont la ratification officielle est attendue pour juin prochain. Ces véhicules permettront à la future Brigade Motorisée de se retrouver « au premier rang en matière de développement technologique et de modernité vis-à-vis des autres armées de l’OTAN », s’est félicité le colonel Crucifix. De même, « l’arrivée de ces nouveaux véhicules représente pour nous un gain en opérationnalité phénoménal », précise-t-il. Car au-delà de l’aspect technologique, il y a « toute une philosophie derrière avec le combat collaboratif ».

 

Mais il reste un bout de chemin avant de voir arriver les premiers Griffon et Jaguar, dont les premières livraisons n’interviendront qu’en 2025. De quoi laisser le temps nécessaire pour permettre à la Brigade d’affronter quelques défis structurels. Car avant de se « Scorpioniser », cette unité doit évoluer en profondeur dans un laps de temps particulièrement court. Les cinq bataillons de combat qui la composent actuellement, bilingues et orientés vers la manœuvre, seront en effet rejoints par des unités d’appui au combat et de soutien tels que les 4e et 11e Bataillons du Génie et les 4e, 18e, 29e Bataillons Logistique. D’ici 2030, l’effectif  total de cette capacité interarmes atteindra donc 5276 militaires. Il s’agira non seulement d’accueillir les « nouvelles » unités mais également d’adapter les structures de commandement, le tout en synchronisation avec l’échelon supérieur, l’état-major de la Composante Terre, conclut le colonel Crucifix.