Auxylium, le système radio de Sentinelle

Crédit photo: Christina Mackenzie)

Crédit photo: Christina Mackenzie)

Les soldats patrouillant dans Paris et sa banlieue au sein de l’opération Sentinelle ainsi que leurs commandants disposent désormais d’un nouvel outil de communication extrêmement léger (900 g) : Auxylium. Ce smartphone/radio, qui se connecte automatiquement et de manière sécurisée au plus puissant réseau civil ou militaire autour de l’utilisateur, a été développé par deux lieutenants de l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr.

 

Il aura fallu moins de six mois entre le lancement de ce besoin opérationnel urgent en décembre dernier et le déploiement des 1000 premiers kits le 9 juin, juste à temps pour le championnat d’Europe de football de l’UEFA.

 

Ce système se compose d’un smartphone de type Samsung, Sony, Huawei…, d’une radio Helium et d’écouteurs. La radio Helium est fabriquée sous licence de la DGA par Atos, qui sécurise également le smartphone. Les écouteurs sont fournis par la société danoise Invisio.

 

Le capitaine Jean-Baptiste Colas (Crédit photo: Christina Mackenzie)

Le capitaine Jean-Baptiste Colas (Crédit photo: Christina Mackenzie)

Le capitaine Jean-Baptiste Colas était un des deux lieutenants inventeurs d’Auxylium. À l’occasion d’une rencontre organisée ce matin à Paris par le DGA Lab, il a parlé des retours d’expérience de l’utilisation d’Auxylium ces quatre derniers mois.

 

Parmi les quatre aspects positifs, Colas relève tout d’abord le fait que les troupes se sont massivement adaptées à leur nouvel outil de communication. Ensuite, les applications disponibles sont fiables et le système bascule de manière fluide entre les réseaux civils et militaires en choisissant automatiquement le réseau le plus puissant. Enfin, le capitaine note qu’il n’y a eut aucun souci lié à l’utilisation de smartphones, en d’autres mots, rien d’indésirable n’est apparu sur les réseaux sociaux!

 

Concernant les aspects négatifs, Colas a mentionné le débit limité dans certains métros et autres zones souterraines, mais nous a dit qu’une réflexion étant en cours pour doter Hélium d’un mode « outil à outil » pour surpasser ce problème;  la casse des smartphones plus nombreuse que prévu ;  le besoin d’augmenter le temps de formation des troupes à quatre heures au lieu des 90 minutes prévues ; et les nombreux besoins vers le Store applicatif.

 

Le système Auxylium est à peine plus lourd que le smartphone utilisé (Crédit photo: Christina Mackenzie)

Le système Auxylium est à peine plus lourd que le smartphone utilisé (Crédit photo: Christina Mackenzie)

Auxylium permet aux soldats et à leurs commandants de se géolocaliser les uns les autres en temps réel, de communiquer par audio et vidéo, d’échanger des contacts, de partager leurs positions, d’accéder à des cartes numériques, d’envoyer des messages contenant des photos géoréférencées, de prendre des photos et vidéo haute résolution et de partager des fichiers lourds (+ 100 Mo). Le système inclut en outre le dossier de santé de l’utilisateur en cas d’urgence médicale. Les mises à jour sont automatiquement installées. Tout cela est bien entendu chiffré, même lorsque le système se connecte au réseau mobile civil, et sécurisé de sorte que si le soldat perdait par mégarde le smartphone, la personne qui le retrouve ou l’aurait volé serait incapable de l’utiliser ou de consulter son contenu.

 

Colas commença le développement d’Auxylium lorsque, sergent, il déplorait le poids excessif et l’inefficacité des outils de communication mis à sa disposition. Il a commencé à concrétiser sérieusement ses idées pour les améliorer à l’occasion de son projet de fin d’études au sein de l’École militaire interarmes, travail qui a gagné en 2014 le prix de l’Audace de l’armée de Terre. Ce prix lui a fourni l’aura nécessaire pour accélérer le développement de son innovation et pour lui permettre de la tester en conditions opérationnelles.

 

Aujourd’hui, Colas est officer de programme à la tête d’une équipe d’une dizaine de personnes et conseiller en innovation à la DGA, tout en poursuivant des études d’innovation et transformation à temps partiel au sein de l’École Centrale, prestigieuse école d’ingénieurs française.