Une piste high-tech pour la lutte anti-IED

La Bundeswher allemande disposera bientôt d’une nouvelle installation destinée à l’étude et au développement de nouvelles technologies de détection embarquée et de protection contre les mines et explosifs improvisés, révèle le BAAINBw. Unique en Europe, le « L-IED » ouvrira ses portes à l’horizon 2018 au sein du Centre d’étude pour les technologies de protection (WTD 52*) de la BAAINBw, situé à Oberjettenberg, dans l’extrême sud de l’Allemagne.

 

Le L-IED, ses pistes et ses systèmes de détection en arrière-plan (Crédit: WTD 52)

Le L-IED, ses pistes et ses systèmes de détection en arrière-plan
(Crédit: WTD 52)

 

« La protection de nos soldats est l’une de nos plus importantes missions. Avec la salle L-IED, nous faisons un grand pas en avant dans les systèmes de défense contre les menaces asymétriques », déclarait Harald Stein, président du BAAINBw lors de l’inauguration de la salle, le 12 octobre dernier.

 

Objectif affiché par la BAAINBw ? Tester, dans un laboratoire grandeur nature, les technologies actuelles et futures de détection et de protection contre les IED. Plus besoin, désormais, de se contenter de simulations numériques ou d’attendre les retours d’expérience des soldats pour améliorer ou inventer de nouveaux outils, le L-IED permettra désormais aux ingénieurs et techniciens allemands de s’approcher au plus près de la réalité du terrain opérationnel… mais sans les risques.

 

Soutenue par un investissement de 6M€, le L-IED offre un environnement de test unique installé dans un hall de 70 mètres de long sur 25 mètres de largeur. Celui-ci abrite deux zones, subdivisées en cinq types de sol différents, tels que « le loess, le basalte, l’humus, le sable et le gravier », précise le BAAINBw. Ces « pistes de détection » ont une profondeur de 1,5 m et une largeur de 5 m, permettant de reproduire fidèlement les types de terrain empruntés par les véhicules et soldats en opérations.

 

De la nature du terrain découlent en effet les variables nécessaires à l’élaboration de futurs systèmes de détection. Un système équipé de la bonne « séquence » de détection pour un type de sol particulier peut dés lors fournir des performances moindres face à une composition de sol différente. Le L-IED permettra donc de déterminer et d’analyser ces séquences de détection pour ensuite lancer le processus d’optimisation.

 

À l’heure actuelle, la plupart des détecteurs anti-IED embarqués reposent sur le duo détecteur de métaux/radar à pénétration de sol. Le premier détecte la présence de… métaux, tandis que le second capte les modifications de la structure du sol. Pour éviter toute interférence néfaste, la totalité du L-IED repose sur une structure entièrement dépourvue de métaux. De même, un système d’irrigation intégré au sol permet d’évaluer l’influence des propriétés physique du sol sur le détecteur dans des conditions de laboratoire, en faisant, par exemple varier le degré d’humidité du sol.

 

Ouvert en 1957, le WTD 52 est le seul centre de recherche allemand situé en environnement alpin. Il permet donc à la BAAINBw d’expérimenter de nouvelles technologies terrestres soumises aux contraintes spécifiques à la « troisième dimension », l’altitude. Mais le WTD 52 n’est pas seulement une référence en matière de systèmes de protection directe et indirecte, mais également devenu en 2012 le point d’ancrage de toutes les recherches allemandes en matière de « détection physique des IED », explique le BAAINBw.
* WTD 52 : Wehrtechnischen Dienstselle 52, ou « Technical Center for Protective and Special Technologies ».