Une EVTA à venir sur un robot rondier

Le drone TC-800 de TecDron lors d'une évaluation au CENZUB, menée par l'armée de Terre et l'AID (Crédit: armée de Terre/EMA)

Le drone TC800 de Tecdron lors d’une évaluation au CENZUB, menée par l’armée de Terre et l’AID (Crédit: armée de Terre/EMA)

 

Une nouvelle évaluation tactique (EVTA) de systèmes robotisés se prépare au sein de la Section technique de l’armée de Terre (STAT) de Satory. Selon un document publié hier, celle-ci envisage d’expérimenter prochainement un « système de protection périmétrique » composé d’un binôme robot terrestre-drone aérien et capable d’effectuer des missions autonomes de surveillance et de levée de doutes.

 

Cette EVTA d’une durée maximale de trois semaines aura lieu sur un terrain non précisé de la Métropole. Pour ce faire, la STAT louera sur étagère un ou plusieurs robots rondier d’au moins 500 kg et drones aériens d’au moins 2 kg. Le binôme devra être en mesure de se déplacer de manière autonome sur un itinéraire déterminé par l’opérateur. L’autonomie du robot terrestre devra être suffisante pour pouvoir parcourir une distance de 3 km et alimenter le drone aérien pour qu’il puisse réaliser trois vols successifs sur une période d’observation statique de deux heures. L’alimentation doit être fournie par une motorisation hybride ou thermique. Un critère excluant à priori la mule Barakuda du Français Shark Robotics, exclusivement alimentée par quatre moteurs électriques de 4.000 watts.

 

Le vecteur aérien doit quant à lui présenter une autonomie en vol de 30 min et supporter au minimum un vent de force 6 (±40 km/h). Son module d’observation devra permettre de détecter un véhicule à 500 m et d’identifier une personne armée à 150 m grâce à la voie jour, et de détecter un homme à 50 m avec la voie nuit. Le drone aérien sera rechargé au moyen de la station d’accueil installée sur le robot terrestre, de préférence par induction. Les phases de décollage et d’atterrissage seront réalisées de manière automatique, une fois le robot à l’arrêt.

 

Le cahier des charges mentionne par ailleurs la possibilité pour les industriels de proposer « des effecteurs » pour de la simulation non-pyrotechnique. En d’autres termes, le robot est susceptible d’embarquer d’autres « dispositifs » que le seul drone aérien, qui permettront à l’opérateur de traiter à distance une situation potentiellement menaçante. Les propositions industrielles sont attendues pour le 25 octobre au plus tard.

 

L’armée de Terre est loin d’en être à son coup d’essai en matière d’expérimentation de systèmes autonomes terrestres. Lancé en septembre 2018, ce programme s’est cristallisé sept mois plus tard lors d’une première série de tests menés au CENZUB de Sissonne. Durant plusieurs jours, les opérationnels ont pu évaluer une poignée de systèmes différents lors de phases tactiques. Fort de ces premiers résultats encourageants, la DGA projette maintenant de déployer cinq robots mule en 2020 au sein de l’opération Barkhane pour une durée de quatre à six mois. Une première, éventuellement suivie « d’autres expérimentations (…) pendant la durée du marché, » précisait la DGA dans un avis publié en juillet.

 

Ce déploiement, de même que l’EVTA à venir, permettront à la France de conserver sa place dans le peloton de tête des pays européens expérimentateurs, essentiellement composé des Pays-Bas, du Royaume-Uni et de l’Estonie, première nation européenne à évaluer un drone terrestre lourd sur un théâtre d’opération. Les scénarios évoqués dans l’EVTA ne sont d’ailleurs pas sans rappeler ceux étudiés par l’Estonie sur le robot THeMIS, évalué avec le drone aérien KX4-LE Titan de Threod Systems par le contingent estonien déployé au Mali en soutien de Barkhane.