Pour un largage plus sûr

Modifier les portes latérales de l’A400M pourrait résoudre les problèmes liés à la ligne statique et à l’extracteur (ce parachute miniature qui déclenche l’ouverture du parachute principal), qui peuvent éventuellement gêner le parachutiste juste après son saut. Pour celles et ceux qui, comme moi, sont peu familiers des techniques de parachutisme militaire, permettez moi de vous décrire la démonstration que m’a fait le directeur d’Airbus Military Aircraft, Fernando Alonso, en se servant d’un mur et d’un tabouret ! 

 

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D’après Airbus, un système fixé à l’extérieur du fuselage pourrait résoudre les soucis d’interférence avec la ligne statique/l’extracteur (Crédit photo: Airbus DS)

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Tout d’abord, les bases : le parachute se trouve sur le dos du chuteur, dans un sac appelé « container ». Contrairement au parachutiste civil qui ouvre sa voile lorsqu’il le souhaite, le parachute militaire est automatiquement ouvert par une ligne statique. Le ou la parachutiste est attaché à cette ligne statique dans l’avion et connecté à un câble. Lorsque les parachutistes sont prêts, ils s’avancent vers la porte latérale et sautent. À cet instant, la ligne statique se tend et déploie l’extracteur qui, comme son nom l’indique, extrait et ouvre automatiquement le parachute principal. L’extracteur, lui, reste attaché à la ligne statique et bat contre le fuselage de l’appareil.

 

Cette manœuvre fonctionne tant que les extracteurs n’interfèrent pas avec les parachutistes lorsque ceux-ci sautent. Cependant, au fur et à mesure des sauts, les extracteurs se superposent les uns aux autres, augmentant le volume d’étoffe qui bat contre le fuselage ce qui peut présenter un réel danger pour les chuteurs.

 

Dès lors, l’une des pistes explorées par Airbus pour solutionner le problème revient à installer un système qui force les parachutistes à se positionner sur le rebord extérieur du fuselage avant de sauter. De fait cela les oblige a sauter plus loin des extracteurs, neutralisant de facto le risque d’interférence.

 

Alonso rajoute que ce système « pourrait » également résoudre la question du saut simultané, autrement dit lorsque les parachutistes sautent en même temps des deux côtés de l’avion. Actuellement, le danger provient de l’éventualité selon laquelle deux parachutistes pourraient être dangereusement proches l’un de l’autre après leur saut et risquer une collision : un accident nommé « crossover » dans le monde du parachutisme. Si le prototype développé par Airbus forçant le parachutiste à sauter plus loin du fuselage est concluant, les problèmes de crossover pourraient aussi être solutionnés.

 

Vendredi dernier (17 juin), 25 parachutistes ont été déployés en un seul câble sans le moindre souci. Comme Airbus est autorisé à augmenter le nombre de chuteurs par intervalles de cinq, la prochaine étape sera de tester le système avec 30 parachutistes. Avec pour objectif final le déploiement de 58 chuteurs par porte. Si le système fonctionne et règle le problème de crossover, l’A400M serait alors en mesure de déployer 116 parachutistes en un passage, comme exigé par les clients de l’avionneur.