Un sujet en or

Les éditions Pierre de Taillac continuent sur leur lancée : après un excellent livre sur l’invention du camouflage moderne et un essai sur le général Vauthier, elles publient aujourd’hui « Le nerf de la guerre », signé par Alessandro Giraudo.

Pour ceux qui en douteraient encore, il rappelle exemples à l’appui que l’argent a toujours été le nerf de la guerre. Le 21ème siècle n’a rien inventé en la matière et nos aimables foires d’empoigne sur le budget de la défense ne font que refléter un phénomène vieux comme le monde… « Le nerf de la guerre » rappelle quelques exemples historiques édifiants, depuis les mines d’or de Nubie finançant l’armée des Pharaons jusqu’aux tours de passe-passe économiques et budgétaires de Napoléon, en passant par le financement des croisades. Les exemples historiques associant argent et conquête militaire sont constants, pour ne pas dire omniprésents. Le mérite du livre d’Alessandro Giraudo est d’en dresser un tableau varié et agréable à lire. Le revers de cette qualité est un survol rapide des époques, mais pouvait-il en être autrement en 400 pages ?  

On retiendra pour terminer qu’un canon de 120 au 16ème siècle coûte 1310 Ducats, alors que la solde trimestrielle d’un fantassin est de seulement un Ducat. On en déduit donc que le coût d’acquisition d’un canon de l’époque est équivalent à 4000 fois le salaire mensuel d’un militaire du rang. Rapporté au cours d’aujourd’hui, cela nous place aux environ de 6 M€ pour un automoteur d’artillerie, ce qui est remarquablement proche des valeurs connues. Comme aurait dit monsieur Cyclopède, étonnant non ?

 

 

Le nerf de la guerre

De Alessandro Giraudo, préface de Jacques Attali

Editions Pierre de Taillac.

(sélection du « prix des cadets » 2013 des écoles de St Cyr Coêtquidan)