SOFINS 2019: Le PLFS redémarre de plus belle

Oubliés, les remous autour du poids lourd des forces spéciales (PLFS). Après une phase de requalification réussie, le maître d’oeuvre, Arquus, s’apprête à livrer les deux premiers exemplaires d’un lot de 25 véhicules au Standard 1, apprenait-on hier au salon SOFINS. Retour sur ce programme clef pour les forces spéciales, mais également sur Scarabee et sur le prochain Technoday de l’entreprise versaillaise en compagnie de son PDG, Emmanuel Levacher. 

 

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FOB: Arquus est un partenaire de longue date du salon SOFINS, qu’en est-il de votre présence durant cette 4e édition ?

 

Arquus, et précédemment Renault Trucks Defense, est partenaire depuis le début de cette initiative du salon des forces spéciales. Aujourd’hui encore, nous sommes fortement impliqués, avec un stand qui a pris un peu d’ampleur et où l’on présente non seulement, bien sûr, nos véhicules mais également nos services et notre nouvelle gamme de tourelleaux téléopérés. Sur l’exposition statique, nous présentons cette année trois véhicules: un Sabre en version forces spéciales sur base d’un Sherpa, un Bastion et un Trigger. Et puis également un véhicule en présentation dynamique, en l’occurence un autre Sherpa en version forces spéciales.

 

FOB: Qu’en est-il, aujourd’hui, du programme de véhicules forces spéciales initié par l’armée de Terre et confié à Arquus ?

 

Arquus est donc l’attributaire du programme dit VTCFS. Nous retrouvons, dans ce programme, deux types de plateformes: un véhicule dit PLFS, le poids lourd des forces spéciales, et le VLFS, le véhicule léger des forces spéciales. Ce programme est en cours d’exécution: nous entamons actuellement la livraison des 25 premiers véhicules PLFS au Standard 1. C’est une affaire qui a pris un peu plus de temps que prévu, avec une requalification qui a été réalisée fin 2018 et des livraisons qui sont donc en cours. Ensuite, les Standard 2 des PLFS et VLFS suivent leur cours, dans des délais qui, parfois, semblent long du point de vue du client mais sont normaux par rapport à la complexité de ce programme. Je ne peux pas vous dévoiler tous les détails, mais je peux vous confirmer que ce Standard 2 sera fortement évolué par rapport au Standard 1. Il y a des centaines de pièces qui sont différentes par rapport au Standard précédent. Le Standard 2, comme prévu dès le départ, embarque toutes les spécifications souhaitées par le client quand le Standard 1 répondait plutôt à une logique d’urgence opérationnelle. Cette urgence a certes pris un peu plus de temps que prévu mais l’idée était de dériver d’un produit disponible sur étagère. En revanche, le Standard 2 présentera un véhicule développé spécifiquement sur le cahier des charges de la DGA.

 

FOB: L’innovation est au coeur d’Arquus, comment adaptez-vous votre offre aux spécificités des forces spéciales ?

 

Vaste question. L’innovation, de manière générale, irrigue l’ensemble de nos activités. Nous n’avons pas forcément axé notre innovation sur les forces spéciales en particulier mais, évidemment, les produits et services que nous proposons aux forces spéciales intègrent un certain nombre de briques. Concernant, par exemple, les services, on va réaliser certaines choses pour faciliter le maintien en conditions opérationnelles sur le terrain avec de la connectique dédiée et des solutions de réalité virtuelle et de réalité augmentée appliquées aux opérations de maintenance.

 

FOB: Arquus présentait hier soir le démonstrateur Scarabee lors du gala du salon SOFINS. Comment celui-ci a-t-il évolué depuis sa présentation officielle durant Eurosatory 2018 ?

 

Effectivement, nous avions dévoilé le Scarabee durant le dernier salon Eurosatory. Depuis, nous continuons bien sûr à développer ce qui reste un démonstrateur. L’idée est d’intégrer sur cette plateforme toutes les briques technologiques qui nous semblent pertinentes pour préparer ce qui pourrait être, puisque nous n’avons pas encore les détails, le futur programme VBAE [ndlr: Véhicule blindé d’aide à l’engagement] pour la France mais aussi pour des programmes similaires poursuivis par certains pays étrangers. Les évolutions récentes concernent surtout la qualification des solutions que nous avions imaginées et que l’on avait juste développées pour Eurosatory. Il s’agit également d’affiner les systèmes qui viendraient s’ajouter au Scarabee pour lui donner encore plus de pertinence opérationnelle. On réfléchit, entre autres, à augmenter sa capacité d’emport en y adjoignant des modules semi-autonomes qui permettraient de lui donner plus d’autonomie au niveau du ravitaillement mais aussi, pourquoi pas, au niveau énergétique. C’est un concept qui évolue et dont on aura l’occasion de reparler dans les semaines qui viennent et, bien sûr, lors des prochains grands rendez-vous et en particulier à Eurosatory 2020, où l’on espère présenter une version beaucoup plus aboutie.

 

FOB: En parlant de grands rendez-vous, Arquus organisera un deuxième Technoday fin mai en région parisienne, quels sont les innovations attendues ? 

 

L’idée de ce Technoday, c’est de faire la démonstration concrète de l’ensemble des domaines dans lesquels nous travaillons à des solutions innovantes. Il s’agit simplement d’en faire la démonstration physique, soit par des présentations statiques, soit par des démonstrations dynamiques. Nous travaillons sur un certain nombre de briques, et en particulier sur les véhicules autonomes, sur les nouvelles énergies, sur la connectivité, sur la protection et la survivabilité des véhicules et sous-systèmes. Le tout avec l’objectif clair de proposer une innovation appliquée et applicable assez rapidement, dans des boucles relativement courtes pour pouvoir en faire bénéficier les utilisateurs le plus rapidement possible. Voilà le vrai challenge, car ce n’est pas toujours facile de passer de l’idée à l’innovation. C’est tout l’enjeu de cet évènement, durant lequel nous souhaitons partager avec le plus grand nombre.