RTD voit l’avenir sereinement

C’est donc droit dans ses bottes et serein que Renault Trucks Defense (RTD) envisage l’avenir en “stand alone” même si son PDG Emmanuel Levacher est conscient des enjeux pour la suite. Pour ceux qui n’ont pas suivi l’affaire, la suite, c’est ce qui attend l’industriel de véhicules blindés pour la défense et la

Emmanuel Levacher, actuel PDG de RTD

Emmanuel Levacher, actuel PDG de RTD

sécurité, maintenant que son propriétaire, le suédois Volvo, a renoncé à le vendre.

Même si la direction a passé beaucoup de temps cette année à travailler sur la vente, l’entreprise a réussi à rester concentrée sur les affaires en cours et devrait atteindre le même chiffre d’affaires qu’en 2016 : 450M€. Cette somme n’inclus pas les chiffres d’affaires de sa filiale américaine Mack Defense, ni des camions civils vendus, par exemple, à des pompiers. D’ailleurs Mack Defense et les camions civils seront petit à petit détachés de RTD, même s’ils restent au sein de VGGS, l’entité de Volvo spécialisée dans la vente aux gouvernements (Volvo Group Govermental Sales). Mais on ne verra plus RTD vendre des camions portant le logo Mack comme cela a été le cas au Canada qui, en 2015, a acheté 1 500 camions logistiques 8×8 fabriqués en grand partie en France.

Par contre, Acmat et Panhard restent sous le giron de RTD.

Alors, pour clarifier les choses ne serait-il pas une bonne idée de changer de nom et en choisir un qui réunissent les trois entités RTD, Panhard et Acmat ? Car Volvo n’est même pas propriétaire du nom Renault Trucks Defense, « on l’utilise sous licence gratuite, » soulignait Levacher hier lors d’un déjeuner avec quelques journalistes. Les idées seront les bienvenues !

« Et puis, il y a des questions liées à la croissance, car on n’est pas grand-chose sans partenariats, » ajoutait Levacher, expliquant que pour la plupart des programmes d’armement aujourd’hui, RTD travaille avec des partenaires, Nexter et Thales pour les véhicules Griffon et Jaguar, ou, avec des industriels locaux dans les cas de contrats à l’export. C’est certainement un des enjeux des négociations en cours avec la Belgique qui souhaite acquérir des véhicules Griffon et Jaguar. Ces négociations devraient aboutir en mi-2018, d’après des sources proches de celles-ci.

Pour ces deux véhicules, RTD est responsable de trois gros morceaux : la mobilité (c’est à dire, tout le véhicule sauf la caisse blindée, le moteur étant, lui, un moteur Volvo « fortement militarisé » en France) ; le tourelleau 12,7mm téléopéré ; et toute la logistique après-vente, même pour les pièces de rechange de ses partenaires.

La mise en vente n’a pas eu d’incidences sur le personnel. On ne compte qu’une seule démission dûe directement à la vente. L’entreprise a continué d’embaucher sur la ligne qui reste la sienne depuis trois ans, environ 100 personnes par an.