Pourquoi Unitive mise sur Ubrichts Protections

Neuf mois après avoir été dévoilée au grand jour (sur le salon Eurosatory 2018), Unitive, filiale du groupe Etienne Lacroix, est belle et bien résolue à s’imposer sur le segment des équipements. En décembre dernier, cette jeune entité se rapprochait davantage d’Ulbrichts Protections et signait un contrat de distribution exclusif visant à promouvoir la nouvelle gamme du spécialiste autrichien des protections balistiques auprès des unités d’intervention françaises.

 

Le casque Zenturio équipé de visière VPAM-6, solution proposée par Unitive aux unités spéciales françaises

Le casque Zenturio équipé de visière VPAM-6, solution proposée par Unitive aux unités spéciales françaises

 

Les attaques terroristes perpétrées depuis 2015 sur le sol français l’ont démontré: l’agresseur tend à privilégier l’usage d’armes de guerre, disponibles en quantité et peu onéreuses. Un arsenal dominé par la Kalachnikov et son calibre 7.62×39 mm, et face auquel les unités d’intervention ne sont plus correctement équipées. Les opérateurs du RAID, pour ne citer qu’eux, s’appuyaient en effet sur un casque KFS de l’américain MSA dont l’écran balistique n’est homologué que contre les armes de calibre 9 mm ou 44 Magnum au maximum. Derrière le rapprochement entre Unitive et Ulbrichts se cache donc le besoin urgent d’une refonte des protections balistiques utilisées par ces unités spéciales. La société autrichienne présente en réalité l’un des portfolios les plus efficaces du secteur. L’année dernière, elle a notamment dévoilé le concept de visière VPAM-6* et la plaque additionnelle Fortis, l’ensemble formant la première protection de tête au monde « efficace contre les tirs de Kalachnikov ».

 

Désireux de passer des mots aux faits, Unitive a convié en décembre dernier « quelques clients français » pour une démonstration de tirs à balles réelles. Un évènement durant lequel il leur a notamment été demandé de « malmener » un casque Zenturio doté d’une plaque Fortis avec tout l’arsenal disponible. Pour ce faire, l’entreprise a eu recours à une tête en savon, « présentant les mêmes caractéristiques qu’une tête d’humain », et à un radar situé à 2,5 mètres du casque afin de mesurer la vitesse de chaque projectile. Les tirs ont été réalisés à une distance de 5 mètres pour les armes de poing et de 10 mètres pour les armes d’épaules.

 

Un avant-après aussi impressionnant qu'inoffensif pour l'opérateur

Un avant-après aussi impressionnant qu’inoffensif pour l’opérateur

 

Résultat ? « Aucune perforation et aucune déformation de la tête en savon », se félicite le revendeur. Du 9×19 mm FMJ à la cartouche 7.62x39mm M43, aucun calibre n’aura réussi à menacer l’intégrité de la structure, ni à provoquer de lésion au porteur. Le secret d’Ulbrichts réside non seulement dans le choix des matériaux, mais également dans l’absorption et la répartition de l’énergie libérée lors de l’impact. De fait, il ne s’agit pas seulement de constater l’arrêt du projectile, mais surtout de « mesurer le transfert d’énergie cinétique à l’intérieur du casque à l’impact », ajoute Unitive.

 

« L’énergie d’une munition de Kalachnikov, par exemple, est réduite de plus de 2 000 joules à moins de 25 joules », nous explique-t-on. Soit, la valeur maximale définie par les experts du VPAM comme pouvant être supportée par le crâne de l’opérateur. Au delà, la force d’impact, de même que la déformation de la coque qui en résulte, peuvent provoquer des traumatismes crâniens mortels ou irréversibles.

 

Fort de cette première démonstration réussie, Unitive espère maintenant changer la donne sur un marché déjà bien établi. La jeune société était d’ailleurs bien représentée lors du salon SOFINS, organisé cette semaine au Camp de Souge (Gironde).

 

 

*Fondée en 1999 par six pays européens (France, Allemagne, Autriche, Suisse, Pays-Bas et Belgique), l’association européenne des laboratoires d’essai pour les matériaux et constructions résistants aux attaques (VPAM) promeut l’échange d’expérience et l’assistance mutuelle en matière de résistance balistique.