Pas de répit pour les véhiculiers turcs

L’agence turque en charge des achats militaires, le sous-secrétariat aux industries de défense (SSM), a décidé d’accélérer un programme visant à la production locale de 27 véhicules blindés amphibies.

 

Le véhicule blindé amphibie ACV-15 de FNSS (Crédit photo: FNSS)

Le véhicule blindé amphibie ACV-15 de FNSS
(Crédit photo: FNSS)

 

Le véhiculier turc FNSS (détenu à 51% par la holding turque Nurol et 49% par BAE Systems), chargé de la conception, du développement et de la fabrication des véhicules, a passé « avec succès » une étape critique du programme le mois dernier, après avoir signé le 7 mars un contrat avec le SSM pour la production d’un lot initial de 27 véhicules amphibies.

 

Parmi ceux-ci, 23 seront destinés au transport de troupes, deux au commandement et deux seront des véhicules médicalisés. Ils seront initialement déployés au départ du TCG Anadolu, premier navire d’assaut amphibie (Landing Platform Dock), de conception turque, actuellement en production au chantier local Sedef, qui s’est associé au groupe naval espagnol Navantia.

 

Cette plateforme d’assaut amphibie transportera jusqu’à 1200 militaires et personnel naviguant, huit hélicoptères, trois drones ; et sera capable de déployer 150 véhicules, y compris des chars de combat.

 

En parallèle à ce programme, BMC, l’un des leaders du marché turc des véhicules militaires, a signé un contrat le 8 août avec Ankara pour la livraison de 529 véhicules blindés tactiques, révèle le SSM.

 

« Ce programme vise à répondre aux besoins des forces armées turques dans les régions où celles-ci luttent intensément contre le terrorisme », explique le SSM dans un communiqué. En d’autres termes, les véhicules sont susceptibles d’être déployés dans les provinces du sud-est, où l’armée turque combat les forces Kurdes depuis 1984.

 

Une source proche de l’agence d’achats et mentionnée par nos collègues de Defense News a déclaré que ce contrat était valorisé à « plus de 300 millions d’euros ». L’hebdomadaire américain ajoute que « BMC est en partie la propriété de l’homme d’affaires Ethem Sancak, un ami proche du président turc Recep Tayypip Erdogan. Sancak siège également au comité exécutif du Parti de la justice et du développement d’Erdogan ». Un fonds d’investissement qatari détient en outre une participation de 50% dans l’entreprise.

 

Selon le SSM, ce contrat implique également l’acquisition auprès de BMC d’un nombre indéterminé de Yeni Kirpi, une version améliorée du véhicule MRAP Kirpi.