Coopération militaire renforcée entre Paris et Tokyo

Pas de repos pour les braves. Après avoir réveillonné aux côtés des militaires déployés en Jordanie pour l’opération Chammal, le ministre de la Défense français Jean-Yves Le Drian reprenait le chemin de Paris pour la 3e session des consultations politico-militaires ministérielles (« 2+2 ») franco-japonaises. Outre le renforcement de la coopération maritime, le ministre de la Défense et son homologue japonaise Mme Tomomi Inada, accompagnés de leurs collègues des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault et Fumio Kishida, ont convenu « d’entamer des négociations en vue d’un accord d’acquisition et de soutien logistique (ACSA) », précise un communiqué conjoint diffusé le 8 janvier.

 

Jean-Yves Le Drian et Mme

Jean-Yves Le Drian reçu le 5 janvier par Mme Tomomi Inada à l’ambassade du Japon à Paris (Crédit photo: Ambassade du Japon à Paris)

 

Cet accord ACSA devrait, à terme, renforcer l’interopérabilité entre les forces armées françaises et japonaises et faciliter leur participation conjointe à différents exercices et opérations de maintien de la paix ou humanitaires. Initiés par les USA et l’OTAN en 1979, les accords ACSA ont pour but de favoriser la « fourniture réciproque de soutien logistique, de matériels et de services », explique le communiqué. En cas de succès, la France deviendrait le premier pays européen à établir un tel accord avec le Japon, un privilège jusqu’alors réservé aux USA et à l’Australie.

 

Tant l’ACSA que l’Accord intergouvernemental concernant le transfert d’équipements et de technologies de défense entré en vigueur en décembre 2016 ouvriront davantage les portes du troisième budget de défense asiatique aux industriels français. Car en dépit d’un budget militaire plafonnant à 41,8Md€ en 2017 et une réelle volonté d’expansion, le Japon et son industrie de défense manquent d’expérience.

 

Depuis 2012, l’administration du président français François Hollande s’est engagée à contre-courant des gouvernements précédents en tournant le dos au « sino-centrisme » prévalant jusqu’alors pour favoriser la diversification et l’approfondissement des liens bilatéraux avec d’autres pays asiatiques. Fraîchement élu, le président de la République avait d’emblée reconnu, lors d’un discours à l’occasion de la 20ème Conférence des Ambassadeurs le 27 août 2012, que « le Japon n’a pas reçu toute l’attention qu’il méritait ces dernières années ». Une volonté depuis concrétisée par la création, par Le Drian, de deux organes de dialogue franco-japonais, l’un consacré à la coopération en matière de nanotechnologies, de robotique et de cyberdéfense, et l’autre sur la coopération industrielle, notamment dans le domaine des hélicoptères.