OTAN : l’eFP désormais « totalement opérationnelle »

Les quatre groupements tactiques multinationaux de l’OTAN sont désormais « totalement opérationnels », a récemment déclaré l’Alliance dans un communiqué. Ce dispositif, baptisé « enhanced Forward Presence » (eFP) et instauré lors du sommet de Varsovie de juillet 2016, n’attendait que l’exercice de certification du dernier groupement pour atteindre sa structure nominale.

 

Les soldats de la mission Lynx durant l'exercice Tornado (Crédit: ministère de la Défense)

Les soldats de la mission Lynx durant l’exercice Tornado (Crédit: ministère de la Défense)

 

Rassemblant près de 4500 soldats déployés en Estonie, Lettonie, Lituanie et en Pologne, ces groupements tactiques multinationaux rappellent premièrement que « toute attaque contre un Allié donnerait lieu à la mobilisation de troupes de tous les pays de l’Alliance », explique l’OTAN. Plus encore, la finalité de ces groupements est avant tout défensive, leurs activités étant « celles du temps de paix et n’ont pas de visée agressive », rappelle le ministère de la Défense français.

 

Chaque groupement est dirigé par une Nation-cadre, à savoir le Royaume-Uni (Estonie), le Canada (Lettonie), l’Allemagne (Lituanie) et les Etats-Unis (Pologne). De son côté, la France n’avait pas souhaité prendre le commandement d’un de ses groupements, « car nous estimons que nous faisons déjà beaucoup de choses par ailleurs », expliquait l’ancien ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian en novembre 2016 face à l’Assemblée nationale. La présence française viendra donc en appoint, « mais elle sera visible et significative », avait ajouté Le Drian.

 

Engagée dans le cadre de la mission Lynx, la contribution française opère au départ de la base militaire de Tapa (nord de l’Estonie), siège de la 1ère brigade d’infanterie estonienne. Depuis le 4 avril 2017, Paris y déploie un sous-groupement tactique interarmes de 200 hommes, issus actuellement du 2e REI, équipés de quatre chars Leclerc, 13 VBCI, et quelques VAB et VBL, ainsi qu’un échelon de soutien national d’une centaine de militaires.

 

Le dispositif français de la mission Lynx (Crédit: ministère de la Défense)

Le dispositif français de la mission Lynx (Crédit: ministère de la Défense)

 

Durant neuf mois, ce contingent surveillera la frontière orientale de l’OTAN en coordination avec les 800 soldats britanniques composant la force principale, avant d’être relayé par un détachement danois. Loin de se désengager du dispositif otanien, la France enverra ensuite, dès 2018, des troupes en Lituanie aux côtés de l’Allemagne, Nation-cadre de ce groupement.