Opération Sentinelle : l’armée dans les rues (Partie 1 : l’avant Sentinelle)

Comme le ministre de la Défense l’a encore rappelé : « Il n’y a jamais eu autant de liens entre la sécurité intérieure et extérieure ». Le tragique évènement de ce matin nous en apporte malheureusement encore la preuve. Les opérations extérieures menées par l’armée française, que ce soit au Sahel ou au Moyen-Orient, ont pour but de protéger la France. En affrontant les problèmes là-bas, on évite qu’ils n’arrivent ici ; telle est l’idée résumée à grands traits. Seulement voilà, cela ne suffit pas. L’équipe du blog FOB vous propose une série d’articles consacrés à la présence militaire dans nos rues. Dans cette première partie, nous reviendrons sur l’avant Sentinelle à savoir : Vigipirate.

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Septembre 2010, alors que le plan vigipirate est passé en rouge renforcé, des militaires effectuent une patrouille dans Paris (©ECPAD)

Pour faire face à la menace, le président François Hollande a décidé immédiatement après les attentats de janvier de renforcer la présence militaire dans la rue. Cette présence n’est pas nouvelle. Lancé au moment de la Guerre du Golfe de 1991 (mais ayant des racines plus profondes) et toujours d’application aujourd’hui, Vigipirate a connu différents épisodes (suspension, réactivation, renforcement lors de grands évènements, etc…). En 2003, lors de l’invasion de l’Irak, Vigipirate a été remanié pour utiliser les 5 niveaux de couleurs que nous avons connus pendant 10 ans (de blanc à écarlate). Depuis le 20 février 2014, les 5 niveaux ont été réduits à 2 : Vigilance et Alerte attentat. Le plan gouvernemental Vigipirate associe directement l’armée à la sécurité intérieure du pays, tout en impliquant également tous les acteurs de l’État (police, gendarmerie, sociétés publiques, grandes entreprises,…).

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Surveillance Vigipirate du centre des médias pendant la coupe du monde de football 1998 (©ECPAD)

Pour son aspect militaire, Vigipirate implique la présence de 1.200 militaires à travers toute la France dont entre 450 et 600 rien qu’en Île-de-France, 450 étant le minimum et 600 le maximum. Mais lorsque la situation n’implique que la présence de 450 militaires, les 150 restants sont toujours en alerte, déployables en cas d’urgence sous très court préavis. La totalité des 600 militaires n’est déployé que lorsque la situation l’exige, c’est-à-dire lors de grands évènements ou lors de périodes particulières. Par exemple, les 600 soldats ont été déployés durant la période des fêtes 2014, particulièrement sur les Champs-Élysées et près des grandes artères commerçantes.

 

Hasard du destin,  le niveau d’alerte a été diminué quelques jours avant le 7 janvier, le nombre de militaires déployés redescendant à 450 (ce qui bien sûr n’a eu aucune incidence sur les évènements qui ont suivi vu la zone de déploiement des militaires). Mais preuve du maintien en alerte des soldats non-déployés, les premiers renforts militaires à arriver à Paris quelques heures après en avoir reçu l’ordre étaient ceux qui avaient quitté la capitale quelques jours plus tôt et qui étaient maintenus en alerte, à savoir des hommes du 21e RIMa et des 41e et 48 RT.

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Les renforts se mettent en route pour l’Île-de-France (©EMA)

Quelques jours plus tard, ces quelques centaines de militaires allaient être rejoins par plusieurs milliers de leurs camarades sur ordre du président de la République. Celui-ci déclenche une opération qui prendra officiellement le nom de Sentinelle le 29 avril 2015. (À suivre)