Nos tops et flops 2018

Le chapitre 2018 arrive à son terme et il est l’heure pour l’équipe FOB de jouir d’un repos mérité. Mais avant de troquer la plume pour les bulles, revenons brièvement sur quelques « top » et « flop » qui, selon nous, ont émaillé cette année. Soyons clairs: cette rétrospective se veut aussi subjective qu’elle n’est en rien exhaustive. Et parce qu’« une bonne enclume n’a pas peur du marteau » (proverbe belge), celle-ci ne demande qu’à être précisée et étoffée.

 

(Crédit photo: ministère des Armées/armée de Terre)

(Crédit photo: ministère des Armées/armée de Terre)

 

TOP: Les soldats

 

« Nos soldats méritent qu’on s’occupe d’eux. » Général Jean-Pierre Bosser, CEMAT

 

Ils sont près de 250 000 à figurer en première position de ce « classement ». « Ils », ce sont ces hommes et femmes des armées et de la réserve opérationnelle qui contribuent, sans broncher et sans faille, à assurer notre sécurité ici et à l’étranger. « Ils », ce sont celles et ceux qui combattent, depuis 1612 jours, dans les sables hostiles de la bande sahélo-saharienne. « Ils », ce sont les hommes et femmes qui, pour la 1448e fois, se lèvent pour patrouiller dans les rues de la Métropole. Discrets mais omniprésents, ces militaires d’exception sont de toutes les opérations, de toutes les alertes, de tous les déploiements. Malgré le danger omniprésent, les conditions vétustes et un environnement familial souvent ébranlé, malgré un matériel usé, inadapté ou parfois insuffisant, ces Sentinelles anonymes ont tenu bon et continueront à le faire le 1er janvier à minuit, souvent sans cotillons ni champagne. Ce sont incontestablement eux les stars de l’année 2018.

 

 

TOP: L’innovation avec un grand I

 

« N’ayons pas peur. Ni de nos idées, ni de celles des autres. En un mot, innovons, toujours. » Florence Parly, ministre des Armées

 

Longtemps conjuguée à tous les temps, l’innovation « Made in France » a aujourd’hui un visage, Emmanuel Chiva, une structure, l’Agence de l’innovation de défense, un poumon, l’Innovation Défense Lab, et un événement désormais ouvert au grand public, le Forum Innovation Défense. Inscrite en lettres d’or dans la LPM 2019-2025, l’innovation de défense se réorganise avec pour unique motivation d’amplifier et appuyer les nouveaux talents, notamment ceux issus de la « Start-up Nation » si chère au président de la République. Il faut maintenant que la greffe prenne entre la jeune AID et l’inébranlable DGA, afin de permettre à celle-ci d’évoluer en interne pour davantage valoriser l’esprit d’initiative et la prise de risque, et associer au mieux le temps long du programme au temps court de l’innovation.

 

 

TOP: Le mariage franco-belge

 

« Il s’agira de vivre ensemble, de s’entraîner ensemble, et surtout de penser ensemble. » colonel Jean-Louis Crucifix, chef de la Brigade Motorisée belge

 

Orientation franco-belge oblige, nous ne pouvions clôturer cette année sans mentionner l’immense avancée que représente le programme CaMo, partenariat stratégique unique et durable entre deux forces terrestres nationales. En s’appuyant sur une structure commune, Bruxelles et Paris lient durablement les 6500 militaires de la nouvelle Brigade motorisée belge à la force terrestre française, tant au niveau du matériel roulant qu’au travers d’une doctrine, d’une formation et d’un entraînement communs. Et tant pis si CaMo aura été légèrement occulté au profit de l’achat de F-35 par le Royaume, permettant à un certain chauvinisme journalistique d’alimenter un « Belgium bashing » aussi réducteur que tronqué. Loin des intrigues politico-financières, dans les états-majors ou sur les terrains de manoeuvre, soldats belges et français engagent ensemble un tournant historique de l’Europe de la défense.

 

 

TOP: Les exportations d’armement

 

« On ne vend pas des armes comme des baguettes de pain. » Florence Parly, ministre des Armées

 

Après être retombées à 6,9Md€ en 2017, les exportations de défense française pourraient atteindre un nouveau pic cette année, estimé à 10Md€. Outre les nombreux succès engrangés en 2018, par exemple, par Airbus Helicopters, le CAESAR en version 8×8 de Nexter a fait l’objet d’une première vente à l’export tandis que le GME Scorpion a finalement décroché un contrat de 1,5Md€ pour la livraison de 382 Griffon et 60 Jaguar à la Défense belge.  Et ce rebond devrait se confirmer en 2019, soutenu  à nouveau par Nexter qui devrait transformer l’essai avec la République tchèque pour 62 TITUS et avec le Qatar pour 490 VBCI. Sans parler de l’attribution prochaine du contrat allemand TLVS au bénéfice, logiquement, de MBDA.

 

 

FLOP: Le tacle de Bercy

 

« Tout ceci augure bien mal de l’avenir. » Christian Cambon, sénateur LR

 

Avec une hausse des crédits de 1,7Md€ pour l’exercice 2019, le budget des Armées aurait pu figurer dans les top de l’année. Las, malgré le respect de la  trajectoire fixée par la LPM 2019-2025, les finances de l’hôtel de Brienne sont potentiellement fragilisées par les arbitrages de Bercy. En cause: un rectificatif du PLF 2018 voté fin novembre et qui fait porter la totalité du surcoût des OPEX, estimé à 1,37Md€, sur le seul budget de la défense. Privées de la solidarité interministérielle, les Armées ont donc notamment dû détourner 404M€ des programmes 144, 146 et 212 pour régler la facture. Un coup de poignard de la part du gouvernement selon de nombreux sénateurs et députés, et un bien triste cadeau de fin d’années pour les militaires..

 

 

FLOP: Le SNU

 

« Ce projet de SNU était mal parti, dès l’origine. » Cédric Perrin, sénateur LR

 

Le quoi?

 

Trêve de plaisanterie, le SNU aura brillé par son impossibilité à le définir. Sans trajectoire ni structure précises, potentiellement coûteux et redondant, ce dispositif peine à convaincre, tant parmi la jeunesse qu’au sein de la classe politique. Ne restent maintenant que six mois avant un premier test grandeur nature. Six mois pour permettre au secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale Gabriel Attal, en charge de l’épineux dossier, de démontrer la pertinence du SNU aux 800 000 jeunes concernés.