L’US Army ressuscite RAMBO

Quel soldat n’a jamais rêvé d’avoir RAMBO pour compagnon de combat ? Ce sera bientôt possible grâce aux scientifiques de l’US Army, dont le lance-grenade de 40 mm « RAMBO » imprimé en 3D vient de tirer les premières munitions produites selon le même processus. Une première mondiale, qui confirme à nouveau la pertinence de l’utilisation des technologies d’impression 3D dans un contexte militaire (comme nous le mentionnions ici).

 

Et voici RAMBO, premier lance-grenade de 40 mm entièrement fabriqué en 3D (Crédit photo: US Army)

Et voici RAMBO, premier lance-grenade de 40 mm entièrement fabriqué en 3D (Crédit photo: US Army)

 

RAMBO (Rapid Additively Manufactured Ballistics Ordnance) est le fruit de six mois d’études menées conjointement par le centre de recherche, de développement et d’ingénierie (ARDEC) et le commandement recherche et développement de l’US Army (RDECOM), ManTech, et America Makes, l’incubateur national en matière d’impression 3D. Pas question ici de montrer qu’un lance-grenade et ses munitions peuvent être fabriqués plus simplement ou économiquement, mais bien de prouver que l’impression 3D est désormais une technologie suffisamment mature pour créer un système d’arme entier conservant les propriétés issues des processus de fabrication traditionnels.

 

RAMBO est en réalité une copie conforme du célèbre lance-grenade M203A1 en service au sein des forces armées américaines depuis 1969. Hormis les ressorts et les fixations, toutes les pièces de l’arme ont été imprimées en 3D. Grâce à la fusion laser directe de métal, l’armée américaine est notamment parvenue à imprimer le canon et la boîte de culasse en partant de poudre d’aluminium. Le processus est certes long, de l’ordre de 70 heures, et coûteux, près de 200€ pour un kilo de poudre de métal, mais ne nécessite pratiquement aucune main d’œuvre car les imprimantes sont automatisées, et limite considérablement le gaspillage de matériaux.

 

Et sa munition d'entrainement M781, également imprimée en 3D (Crédit photo: US Army)

Et sa munition d’entrainement M781, également imprimée en 3D (Crédit photo: US Army)

 

Non contents d’avoir créé une arme en 3D, les ingénieurs de l’US Army se sont également penchés sur l’impression de ses munitions. Si le choix de la grenade d’entraînement M781 s’imposait de par l’absence d’explosifs, sa structure en zinc obligeait néanmoins les chercheurs à faire preuve d’imagination, l’impression 3D du zinc étant sans doute l’une des rares technologies non maîtrisées par l’US Army. Quatre approches différentes plus tard, rendues possibles grâce à la modularité de l’impression 3D mais dont la compréhension est réservée aux initiés, l’US Army présentait la « grenade de 40 mm du futur ».

 

RAMBO est ensuite passé entre les mains du 504e régiment de parachutistes de la 82e division aéroportée dans le but d’affiner l’ergonomie du système. Suite aux retours d’expériences récoltés, les ingénieurs de l’US Army ont opté pour la création d’une version « stand alone » du lance-grenade M203, généralement fixé sur un fusil d’assaut.

 

Tant l’arme que les grenades ont parfaitement répondu aux attentes à l’issue des tests, précise l’US Army. Sécurité oblige, la quinzaine de tirs d’essais, exécutés à l’extérieur et à l’intérieur, ont été réalisés à distance. Si RAMBO n’a subi aucune dégradation malgré les contraintes, le design de la grenade a dû être revu suite à l’apparition de fissures ayant une incidence sur la vélocité de la munition. De quoi démontrer à nouveau l’intérêt de l’impression 3D, qui a permis d’éviter les heures de recherches et de tests qu’aurait requis l’adaptation d’une ligne de production conventionnelle.

 

Alors, à quand un HK416F imprimé sur demande?

 

Vous trouverez ici un article de fond en anglais sur ce sujet avec tous les détails techniques