L’US Army et ses alliés mènent leur plus grand exercice d’artillerie

Un peu d’actualité des forces armées alliées : en ce moment ce sont plus de 3 700 soldats de 26 pays différents qui participent au Dynamic Front 18, le plus important exercice d’artillerie de l’US Army sur le continent européen. L’exercice, qui a débuté le 23 février et qui se terminera samedi, a accueilli presque trois fois plus de participants que l’année dernière.

 

CAESAr français en exercice sur la base de Grafenwoehr en Allemagne cette semaine  (Markus Rauchenberge)

CAESAr français en exercice sur la base de Grafenwoehr en Allemagne cette semaine
(Markus Rauchenberge)

 

En marge de l’exercice du mercredi 7 mars, le commandant adjoint de l’armée américaine en Europe, le général de division Timothy P. McGuire, a déclaré aux journalistes présents que Dynamic Front 18 était trois fois plus conséquent que la session de l’an passé. Pour le major-général américain, l’exercice visant à renforcer la défense de l’alliance de l’OTAN est un grand succès. « Je pense que tout le monde se rend compte de l’importance de la préparation, et c’est un excellent exercice de préparation (…) de plus, les unités réalisent combien nous pouvons faire dans ce domaine d’entraînement et le genre d’expérience de qualité que vous obtenez lorsque vous travaillez ensemble ici » a-t-il ainsi souligné.

 

Artilleur britannique portant deux obus de 105 mm sur ses épaules le 6 mars (U.S. Army - Gertrud Zach)

Artilleur britannique portant deux obus de 105 mm sur ses épaules le 6 mars (U.S. Army – Gertrud Zach)

 

L’objectif de Dynamic Front est d’améliorer la communication entre l’artillerie des différentes nations et d’identifier la meilleure façon d’utiliser leurs atouts : « L’exercice nous permet de nous parler » selon l’officier américain. Marcus Box, un officier d’artillerie britannique, a lui plutôt donné dans la métaphore : « C’est comme les voitures (…) nous utilisons tous des marques et des modèles différents, mais nous avons tous des voitures et nous pouvons généralement déterminer ce que chaque voiture sait faire de mieux que les autres. Alors on se demande comment tirer parti de chacune de ces qualités particulières. »

 

Lorsque le général McGuire a demandé aux artilleurs américains et étrangers de l’exercice Dynamic, « comment pouvons-nous nous assurer que nous avons des feux réactifs pour maintenir de fortes capacités de dissuasion ici en Europe? », certains auraient proposé (précisons que le journal Stars & Stripes rapporte les dires) d’encourager les alliés de l’OTAN à intégrer l’ASCA (Artillery System Co-operation Activities), un programme informatique utilisé par plusieurs d’entre-eux pour communiquer en temps réel, reliant leur artillerie de campagne et leurs systèmes de commandement et de contrôle. Allemands, Français, Britanniques, Italiens,Turques mais aussi Lituaniens et Polonais ont pu s’y essayer.

 

Les mortiers français de 120mm en pleine action cette semaine en Allemagne (U.S. Army - Gertrud Zach)

Les mortiers français de 120mm en pleine action cette semaine en Allemagne (U.S. Army -
Gertrud Zach)

 

Les plus gros contributeurs de l’exercice ont chacun déployé une dizaine de leurs éléments d’artillerie : canons automoteurs allemands PzH 2000, canons légers britanniques L118, obusiers américains M777 de 155 mm, camions équipés d’un système d’artillerie (CAESAr) français également de 155mm. Ajoutez-y des hélicoptères lourds, des mortiers français de 120mm, des M270 lance-roquettes multiples et des artilleurs de tous les uniformes et vous obtenez un superbe spectacle de sons et lumières…et très probablement un calvaire pour nos voisins allemands de Grafenwoehr.

 

Au-delà des questions de communication, d’interaction et d’interopérabilité de l’appui-feu aux fantassins alliés, cette semaine d’exercices permet de réfléchir à de multiples problématiques opérationnelles, comme contrer une menace d’essaims de drones tirés depuis un système d’artillerie ennemi ou faire progresser la sécurité des artilleurs dans un tel environnement de combat. Sur la question des drones, la capitaine de l’US Army, Craig Maybee a déclaré que c’était un début prometteur pour les alliés dont certains devraient rêver longtemps de la technologie américaine : « même s’ils n’ont pas les capacités de les vaincre comme ils le voudraient, ils vont retourner à leurs commandements et à leurs stations d’attache et y réfléchir » alors « ils voudront soit investir soit proposer des contre-mesures sérieuses ».

 

Ni l’État-major des Armées ni l’industriel Nexter à l’origine du CAESAr, qui souhaitent tous deux voir un système d’artillerie commun entre la France et l’Allemagne, n’en ont encore profité pour communiquer sur l’avenir de l’interopérabilité OTAN de l’artillerie dont devrait faire partie le système ASCA, élément primordial de cette édition 2018 du Dynamic Front.