L’innovation participative chez Nexter

Le sujet ci-dessous a été rédigé à partir de l’article de Frédéric Bouty paru dans le magazine des ingénieurs de l’armement n° 108 ( http://www.caia.net/page/517/la-revue).

Dans un groupe comme Nexter Systems, que signifie un processus appelé « Innovation », avec le qualificatif « participative », intégré au système de management qualité de l’entreprise ? Tentative d’enfoncer une porte ouverte, preuve de défiance sur la qualité des travaux du bureau d’études (40 % des ressources humaines) ? L’objectif de cette démarche, depuis 2011, est en fait d’identifier toutes les opportunités d’innovation et d’y faire participer tous personnels en mobilisant tout leur potentiel créatif.

Le Simulateur Live chez Nexter

Le Simulateur Live chez Nexter

Bien évidemment, une entreprise qui consacre 14 % de son chiffre d’affaires à la R&D s’appuie principalement sur son bureau d’études, dont la mission est bien de développer des solutions compétitives et innovantes. Le processus d’innovation a donc eu pour premier mérite de mettre plus en lumière cette réalité : le bureau d’études innove !

Répondre au besoin ne veut pas dire pour autant se limiter à atteindre une performance technique. Que le pilotage du processus soit confié à un binôme mixte marketing (Benjamin Fafart) – ingénierie (Thierry Le Goff) permet ainsi l’appréhension des besoins du marché difficiles à déterminer, et donc l’ouverture aux ruptures et à la réelle différenciation. « Participative » signifie que l’on élargit la population concernée par la mission d’apporter une « idée », matière première brute qui deviendra peut-être une innovation.

Dans la salle immersive chez Nexter

Dans la salle immersive chez Nexter

Le processus « Innovation participative » traite donc du management des idées liées à la stratégie de l’entreprise déclinée selon trois axes (marché, produits et services, processus de production) eux-mêmes déclinés en directives précises pour cadrer et inciter la génération d’idées. Cette dynamique est stimulée par le biais de défis ou de séances de créativité, mais de nombreuses idées sont déposées spontanément grâce à l’interface intranet dédié.

Le défi des deux co-pilotes du processus est de rendre culturels la possibilité et l’intérêt de déposer des idées et, simultanément, de sanctuariser le participatif comme outil de résolution ou de réflexion. Dans les deux cas les actions sont menées par une communication renforcée, dont la forme elle-même se veut innovante, et dont le fond se doit de présenter les succès et la force des ressources du Groupe : près de 2000 idées déposées en cinq ans !

« Quand on est seul, on devient nécessaire » dit le proverbe, mais cette tentation que pourrait vivre un bureau d’études n’est heureusement plus d’actualité. En amont ou en aval de l’idée, l’implication de différents acteurs internes ou externes à l’entreprise permet l’éclosion de l’innovation, et le comité pluridisciplinaire qui analyse les idées permet à chaque métier ou fonction (opérationnel, achat, architecture, développement produit, commerce, analyse concurrentielle, propriété intellectuelle, production, ressources humaines, etc.) d’apporter sa contribution. Cette participation fédère les hommes autour de projets d’entreprise, permet à certains de se révéler, et vient moduler certains us et coutumes en s’immisçant dans le processus de développement au même titre que le « make or buy » a pu le faire. A l’extrême, un développement tout participatif sur des thèmes généraux est tout à fait imaginable, même si les grands résultats ne seront exploités que plus tard : ce déploiement sur des projets de moyen – long terme permettra une différenciation plus marquée et facilitera la capacité à se mobiliser.