L’Indonésie produira 100 chars par an, pour elle et pour d’autres

L’Indonésie fait partie de ces pays, comme la Corée du Sud ou la Turquie qui, parmi d’autres, viendront de plus en plus concurrencer les géants du marché de défense, avec leur large échelle de production pour un coût horaire du travail imbattable. Si le programme indonésien de chars moyens n’est pas nouveau, le maître-d’oeuvre, PT Pindad, se dit aujourd’hui en mesure de produire cent unités par an à partir de 2019, et il compte bien en exporter autant qu’il pourra.

 

La tourelle du Medium Tank indonésien, qui n'est rien d'autre que la 105 mm de CMI Defence (Crédits : Pindad)

La tourelle du Medium Tank indonésien, qui n’est rien d’autre que la 105 mm de CMI Defence (Crédits : Pindad)

 

Le programme est dans les temps, le char poursuivant ses tests de certification, aujourd’hui concentrés sur la résistance du blindage et la sécurité de l’équipage, demain sur la mobilité et la puissance de feu. À la fin de l’année, tout devrait être en place pour lancer la production à grande échelle, le Medium Tank (MT) devant recevoir ses moteurs, un an plus tard, les Indonésiens de Pindad pourraient en avoir produit une centaine en travaillant avec cent PME.

 

Le MT de Pindad, commandé par les forces armées indonésiennes, est issu d’une collaboration d’une décennie avec les turcs de FNSS (un prototype made in Turquie et un made in Indonésie avec propriété intellectuelle partagée) et doit remplacer le vieil AMX-13 français. Effectivement, l’Indonésie, également utilisatrice du Leopard 2, cherche à se doter d’une armée moderne tout en privilégiant les industriels domestiques. Dans le cadre de ce programme, ils pourraient produire jusqu’à 400 unités de tanks pour l’armée indonésienne tout en affichant d’importants objectifs d’exportation, une pratique logique déjà appliquée par les pendants aéronautique (PT Dirgantara) et naval (PT PAL) de PT Pindad .

 

L’Asie du Sud-Est et l’Afrique, premiers (seuls?) clients des Indonésiens devraient être les zones cibles du nouveau char moyen (la presse indonésienne parle également du « Pacifique ») qui pourrait même correspondre aux besoins des armées d’Amérique Latine et du Moyen-Orient. Franchement ridicule à côté d’un char lourd, voire même à côté d’un Jaguar français, le MT n’en est pas moins équipé d’un canon de 105mm à chargement automatique de CMI Defence (tourelle Cockerill 3105). Ajoutés à son faible coût probable, sa puissance de feu et sa mobilité, principaux objectifs de PT Pindad, pourraient très bien en faire un best-seller.

 

Le MT en test de résistance aux mines la semaine dernière. Une première et une réussite car aucun mannequin membre d'équipage n'a été blessé (Crédits : KOMPASS)

Le MT en test de résistance aux mines la semaine dernière. Une première et une réussite car aucun mannequin membre d’équipage n’a été blessé (Crédits : KOMPASS)

 

Ce véhicule de 32 tonnes est opéré par un équipage de trois hommes qui peuvent se déplacer à 70km/h avec une autonomie de 450km. Surtout, il dispose de tous les équipements d’un char de combat moderne : visée jour et nuit, observation panoramique, fumigènes, alerte laser, système de gestion du champ de bataille, ainsi qu’une protection balistique STANAG de niveau 4 contre les éclats d’obus et les charges de 10kg de TNT.

 

Ces caractéristiques sont d’ailleurs appelées à changer pour la version finale du MT a annoncé Ade, le directeur technologique de PT Pindad : « Ce tank sera amélioré, il sera donc différent de ce que nous fabriquons en Turquie ». Les journalistes indonésiens qui se sont entretenus avec lui ont pu noter que des « pays voisins » étaient « prêts à faire des réservations ». Avant les contrats export, où les Turcs auront aussi leur mot à dire, il s’agira de satisfaire les exigences des militaires du pays qui effectueront les essais sur le terrain tout l’été. Enfin, « Quand tout sera accompli, nous croyons que le char moyen Pindad sera le meilleur de sa catégorie. » appuie Ade.